
Pierre Charvet
édition Le Mot et le Reste, 90 pages

28 juillet 1750, Leipzig, Jean-Sébastien Bach s’éteint. Il laisse derrière lui une soi-disant œuvre inachevée ( ?) qu’il considérait comme son testament musical: L’Art de la Fugue. Cette œuvre, ce projet fou, bouleversant, est construit du début à la fin sur un thème unique ! Bach n’a laissé aucune indication sur l’instrumentation, ni sur l’ordre d’exécution. Le plus troublant de cette composition c’est qu’à la toute dernière mesure, la musique s’interrompt brutalement ! Comme un signe du destin, le compositeur inscrit son propre nom avec quatre notes ? En allemand elles sont : si bémol, la, do, si bécarre. Bref, tout est réuni pour conférer à l’Art de la fugue une aura magique, légendaire et mystérieuse. expose dans le début de son livre Pierre Charvet. Ce compositeur, aujourd’hui délégué à Radio France nous avions fait un entretien passionnant avec lui – voir sur site du 30 janvier 2020 – Il nous avez dit la fascination qu’il éprouvait pour Bach et pour cette œuvre – En exergue de son livre il cite un poème que Frédéric Jacques Temple lui avait dédié – Dix Poèmes pour l’Art de la Fugue – . C’est dire combien ce grand poète, qui l’avait éduqué, l’avait plongé depuis son tout jeune âge dans la musique de Jean-Sébastien. Pierre Charvet a des dons de pédagogue – voir sur YouTube les émissions sur la musique qu’il avait faites avec l’orchestre Les Siècles et François-Xavier Roth – et cela se ressent à la lecture de ce livre captivant. Le style est simple, sans effet de littérature, et en cinq chapitres il expose des faits, de troublants mystères musicaux que l’on trouve, chez Bach bien sûr, mais aussi chez d’autres compositeurs. Ils se sont amusés à associer, dissimuler, des messages dans leurs partitions en partant de mots et en les transformant en notes, des codes secrets en fait. Bach adorait le faire, des messages souvent ésotériques. Il aima la numérologie et il s’amusait à s’en servir dans ses compostions. Charvet lui aussi se diverti à nous les faire découvrir. Dans l’Art de la Fugue on est saisi dit-il par le nombre d’occurrence des chiffres bachiens. Le chiffre 14 somme selon la gématrie des lettres du nom Bach, se retrouve souvent dans la partition. Bach interrompt sa dernière fugue à la mesure 239 or 2+3+9 =14 ! Die Kunst Der Fuga =158 comme le même chiffre de son auteur ! Bizarre vous avez dit Bizarre cher Sherloch. Bon on ne vous dira pas si Poirot alias Chauvet a résolu l’énigme, mais lire ses 90 pages sont d’une richesse musicale formidable et tout amateur de musique – ou pas – va se régaler avec cette enquête. Pierre Charvet ça fait 128, à 30 près cela ferait Jean Sébastien Bach, il lui manque 30, le tiers du nombre de pages du livre ! Va falloir chercher dans ses compositions pourquoi cette différence !










