
79 Rue des Archives 75003 Paris
jusqu’au 3 mai 2026

Lorsqu’en 2003, Henri Cartier-Bresson et Martine Franck créent la Fondation, ils souhaitent en faire un lieu dédié aux photographes de toutes tendances et générations, mais aussi aux peintres, aux sculpteurs et aux dessinateurs . Après l’exposition des sculptures d’Alberto Giacometti en 2005, puis des dessins de Saul Steinberg trois ans plus tard, la Fondation renoue aujourd’hui avec cette tradition d’ouverture en faisant découvrir au public les peintures de Romain Bernini.

Né en 1979, Romain Bernini vit et travaille à Paris. Il crée une œuvre picturale nourrie de réflexions sur la couleur et l’espace. Sa pratique figurative s’inspire autant du Color Field américain que d’autres traditions artistiques et de la culture populaire. Qu’il s’agisse de scènes énigmatiques, de figures masquées, d’animaux ou d’espaces imaginaires, ses œuvres invitent à une expérience sensorielle et contemplative, entre réel et utopie. Pensionnaire à la Villa Médicis à Rome en 2010–2011, il a participé à de nombreuses expositions en France. Il enseigne depuis 2023 à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts à Paris. Depuis une vingtaine d’années l élabore une œuvre imposante, à la croisée de la figuration et d’une forme d’ésotérisme urbain. Ses compositions décrivent des situations latentes où des personnages en quête de sens incarnent des sortes d’énigmes vivantes.

La série de tableaux présentée ici pour la première fois est inspirée d’un curieux petit ouvrage du XVIIIème siècle, Giphantie, de Charles Tiphaigne. Guidé par un préfet, ce voyage dans un pays imaginaire peuplé d’esprits élémentaires s’inscrit dans la tradition des récits utopiques. Il permet à son auteur de critiquer la société de son époque, tout en donnant libre cours à son imagination. Publié en 1760, cet opuscule est surtout connu parce qu’il prédit l’avènement de technologies modernes comme la transmission à distance des images et du son, les techniques de télésurveillance, les lentilles de contact, la nourriture lyophilisée, et bien d’autres encore.

Mais surtout il décrit, plus d’un demi-siècle avant les tout premiers travaux de Nicéphore Niépce en 1816, et avec près de huit décennies d’avance sur l’annonce officielle de l’invention de Louis Daguerre en 1839, un mode de production d’images qui ressemble déjà à la photographie – on y revient. Une exposition à faire rapidement en même temps que celle sur Les Européen de Cartier-Bresson, reste que quelques jours, dépêchez-vous !









