
31 rue de la Gaité 15014 Paris mardi 20 octobre 2026, 21h une comédie dramatique écrite et interprété par Pascal Amoyel, mis en scène de Christian Fromont, lumières de Philippe Séon

Mis en scène par Christian Fromont, mis en lunière par Philippe Séon ce spectacle musical entièrement écrit et interprété par le superbe pianiste Pascal Amoyel est une véritable enquête autour des 32 sonates de Ludwig van Beethoven. Il les considère comme le journal intime du compositeur. Question ? Pourquoi l’a-t-il nommé Looking For Beethoven ?. Beethoven anglo-saxon ? Son nom étymologiquement veut dire champs de betterave, sympa à l’école dit Amoyel ! Un clin d’œil à Al Pacino avec son fameux Looking For Shakespeare ? En français cela attirerait moins le public ? Who Knows ? Seul en scène, Amoyel mêle la musique aux mots pour décoder les chefs-d ‘œuvres (comme la Sonate au Clair de lune, l’Appassionata, la fameuse op.111) et lever le voile sur l’homme derrière le mythe : son enfance douloureuse sous les coups d’un père violent et alcoolique, ses déceptions amoureuses, sa pauvreté, et le drame absolu de sa surdité. Magnifique pianiste, Amoyel a cherché la vérité de cet homme en analysant pas à pas les notes (ah ces fameuses quatre notes !) écrites sur les manuscrits. Et des indications il y en a beaucoup beaucoup! Est-ce que les pianistes connaissent les véritables partitions ? Ce soir du 20 octobre 2026 à 21h15 il a avoué que c’était la 300ème fois qu’il jouait l’opus 13 dite Pathétique. Oui Pathétique, c’est ainsi que commençait ce spectacle d’1h30 ! Voilà pour l’argument…Bon, on nous rebat les oreilles avec ce génie. Beethoven par-ci, l’héroïsme par-là, le buste en marbre sourcilier qui prend la poussière sur les pianos des conservatoires. On oublie trop souvent que le grand Ludwig était quand même une sacrée vieille carne – n’y voyez aucune allusion avec le site ahahah – cabossée par un daron violent, ruinée par des amours impossibles et terrifiée par le silence qui s’installait dans ses propres tympans et qui se prenait pour le plus grand compositeur au monde; il y avait quand même une petite place pour Bach le rappelle Amoyel (quelques notes sublimement jouées d’un aria des variations Golberg)! C’est précisément ce bonhomme-là, dépouillé de son piédestal, que Pascal Amoyel est allé chercher. Il en fait un homme de chair, de doutes et de fureur. Dieu merci, il a évité ici la tétrapilectomie musicologique – pas d’allusion au site – Non ce n’est pas un énième récital guindé pour abonnés qui dorment au cours du concert – on n’avait quand même hier soir un monsieur qui ronflait derrière nous, celui de devant, très seizième, avec madame en Hermès était plus discret.

Pour peut-être se faire pardonner elle s’est levée seule pour faire une standing ovation, nous empêchant d’écouter le dernier texte sublime de Beethoven. On a quand même pu faire la photo de ce moment très émouvant. En parlant de sa mort Beethoven a écrit ; « ne me libérera-t-elle pas d’un état de souffrances sans fin ? Viens quand tu voudras, je vais à ta rencontre avec courage. Adieu, ne m’oubliez pas après ma mort, je ne l’ai pas mérité ayant dans ma vie souvent pensé à vous rendre heureux, soyez-le ». Quand Amoyel plaque les premiers accords de l’Appassionata, ce n’est pas de la jolie musique pour salon bourgeois, on entend les coups du sort, la solitude crasseuse et le cri d’un homme qui refuse de crever à genoux. Le mélange entre la narration théâtrale et la performance pure au clavier fonctionne à merveille, sans jamais donner dans le pathos larmoyant ou la leçon d’histoire assommante, style Z…(on va pas se fâcher, il est quand même utile et nécessaire au paysage musical, plus que M). La mise en scène de Christan Fromont refuse le spectaculaire et les artifices. Elle se concentre sur l’essentiel : l’homme, le verbe et l’instrument. Alors, faut-il y aller ? Évidemment. Parce que voir un pianiste de ce calibre malmener le mythe pour mieux retrouver l’humain, ça change des autoroutes culturelles bien balisées. Beethoven n’était pas un saint, c’était un survivant. Et Amoyel lui rend son blood, sweat and tears (Eh c’est Looking for Beethoven). À voir, à écouter, à revoir, réécouter à se rendre sourd ! C’est quand même l’histoire d’un homme à qui la vie a refusé la joie, mais qui a réussi à la transcender à travers son art pour en faire don à l’humanité. Tiens, on est prêt pour écouter Pascal Amoyel jouer une trois-cent-unième fois la Pathétique.
Le spectacle continue tous les mardis soir à 21h et les matinées le samedi à 16h30 et le dimanche à 11h30
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