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« AUDITORIUM DU MUSÉE D’ORSAY » : RENOIR ET LA MUSIQUE

Esplanade Valérie Giscard D’Estaing 75007 Paris

Concert 9 avril 2026, 20h

« Calmes dans le demi-jour / Que les branches hautes font,/ Pénétrons bien notre amour/ De ce silence profond…. Cependant l’excellent docteur Bolonais cueille avec lenteur/Des simples parmi l’herbe brune…Vote âme est un paysage choisi / que vont charmant masques et bergamasques / jouant du luth et dansant et quasi / Tristes sous leurs déguisements fantasques… »

Hélas ces quelques vers extraits des Fêtes Galantes de Paul Verlaine mis en musique par Claude Debussy n’ont pas été bien entendus par le public attentif de l’auditorium, dont nos voisins, pourtant magnifiquement interprétés par l’excellente soprano Sandrine Piau accompagnée par le Quatuor Psophos – Mathilde Borsarello Herrmann, Bleuenn Le Maître, violons, Cécille Grassi, alto, Guillaume Martigné, violoncelle. C’était aussi le cas pour Toutes les fleurs poème d’Edmond Rostand mis en musique par Emmanuel Chabrier, l’extrait du Poème de l’amour et de la merLe Temps des lilas – de Maurice Bouchor, Aux Temps de fées extrait de  Quatre Poèmes d’Edmand Haraucourt, musique de Charles Koechlin, Romance L’âme évaporée de Paul Bourget mis en musique par Claude Debussy et trois poèmes de Francis Jammes de Clairières dans le ciel musique de Lili Boulanger. Le paradoxe c’est que lorsque Madame Piau chante du baroque, on comprend parfaitement le texte ! Jacques Gandard qui a fait un superbe travail d’arrangement de ces musiques pour le Quatuor Psophos a émis l’hypothèse que Sandrine Piau n’était pas accompagnée par le quatuor mais formait avec lui une sorte de quintette imaginaire, et donc la voix était le cinquième instrument et la prosodie n’était pas le principal mais la voix, et quelle voix !  Pourquoi pas, une palette de couleurs se dégageait ainsi de ces interprétations. Les couleurs nous les retrouvions avec le sujet du concert le peintre RenoirSandra Bernhard  qui s’occupe de la programmation de la musique et du spectacle vivant à Orsay, a eu cette bomme idée d’associer ces compositeurs avec Renoir- une expo a lieu en ce moment au Musée – et bien sûr avec la musique  Psophos, superbe quatuor nous l’avions rencontré en 2022, nous étions seuls avec lui dans une salle à Montreuil ! Ahahah, voir sur le site l’article de mars 2022  –  Il a donc interprété sur la scène de l’auditorium un très joli passage d’un quatuor de Gounod – il en a écrit cinq, totalement oubliés – c’est le deuxième mouvement, très savoureux, surtout pour la partie de l’alto, du deuxième quatuor. Gounod et Renoir ? Et oui, n’a-t-il pas été le professeur de chant du jeune peintre ? C’était une époque où tous les arts se fréquentaient.

Outre les délicieux passages avec Sandrine Piau, le cœur du concert était le fameux Quatuor de Debussy.  Cette composition fait partie des œuvres que tout bon quatuor interprète. Il est assez étrange et souvent l’auditeur ne comprend pas trop le sens de cette musique. La forme de l’œuvre est cyclique : une même cellule mélodique est réutilisée sous diverses formes dans les quatre parties du quatuor. Il est assez classique dans sa conception mais Debussy ne sait pas du tout intéressé à la musique de chambre. C’est la couleur qui en fait sa spécificité et il était en parfaite adéquation avec le concert.  Et de la couleur le Psophos ne sait pas gêné pour en mettre. Renoir lui-même a dit : « La chose la plus importante pour un peintre, c’est la couleur. » Même si Sandrine Piau a beaucoup fait allusion aux fleurs c’était surtout un concert où la couleur a éclaté… Beinh les poèmes parlaient quand même de fleurs…Ah bon, j’ai pas entendu….

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