
Gernsheim, Gouvy IC077 – Jean-Renaud Lhotte, violoncelle – Jean-Baptiste Lhermelin, piano
Nord…..Sud, Laurent Lefrançois IC107- Magali Mosnier, flûte, Pierre Génisson, Patrick Messina, Paul Meyer, clarinette, Marie Fraschini, alto, Pascal Contet, accordéon, Hervé Joulain, cor, Laurent Decker, cor anglais, Lola Descours, basson, Renaud Guy-Rousseau, clarinette basse, François Dumont, Frabrizio Chiovetta, piano, Quatuor Parisii

Voilà deux albums originaux qui changent des habituels disques de Schumann, Chopin, et autres Debussy. Bon ces compositeurs ne font pas partie des concerts habituels et c’est bien dommage. Ils ne sont pas moins intéressants que Brahms, Franck ou Saint-Saëns. Dans le premier cd Jean-Renaud Lhotte, violoncelle et son partenaire Jean-Baptiste Lhermelin, piano, aiment à faire (re)découvrir des compositeurs de musique de chambre oubliés tout à fait respectables. Frederich Gernsheim (1839-1916) et Théodore Gouvy (1819-1898) sont contemporains, se sont connus, appréciés et aidés. Si Gernsheim est totalement allemand, Gouvy, né à Sarrebruck, a dû attendre 32 ans pour avoir la nationalité française ! Quelle curieuses vie qu’a eu ce grand compositeur français ! Les deux œuvres qu’offrent ces magnifiques et talentueux artistes – Sonate pour violoncelle et piano n°1 Op.12 (1868) de Gernsheim ; Dix pièces pour violoncelle et piano op.28 (1859) Decameron de Gouvy sont dans la lignée du romantisme brahmsien, une musique fraîche, de belle facture. Elle n’est pas là pour révolutionner la musique, elle est à taille simplement humaine. Le violoncelle chante sans pathos, le piano soutient sans écraser cet objet musical totalement inutile donc indispensable. Dans ce monde saturé de concepts il fait du bien, il permet de s’y perdre. C’est si bon…

Avec l’autre album que propose cet étonnant éditeur-producteur qu’est Indésens Calliope Records c’est un deuxième cd de Laurent Lefrançois un des plus intéressants compositeurs du moment, avec quelques musiciens qui étaient dans le précédent (Magali Mosnier, flûte, Pierre Génisson, Paul Meyer, clarinette).

Outre quelques arrangements sur des compositions de Schumann, Scarlatti, Léo Ferré, Bach, on découvre un Sextuor Mixte d’une dizaine de minutes et surtout Nord..Sud qui est l’œuvre la plus importante du cd. C’est une musique très abordable (Lefrançois a été formé par Connesson) totalement tonale. Lefrançois joue beaucoup sur la résonnance des instruments; les motifs se propagent avec beaucoup de clarté en un flux continu du Nord au Sud ( ?) du froid au chaud (?), avec une sensation de non commencement, ni fin. Où va sa musique, aucun chemin pour nous y aider. La boussole s’affole, les artistes aiment s’y perdre, ils jouent juste, ou juste ils jouent (?); là aussi il faut aimer se laisser emporter..Là aussi c’est si bon..










