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« JOSETTE CLOTIS – AIMÉE ET MAL AIMÉE » : LES DERNIERS SECRETS DU GRAND AMOUR D’ANDRÉ MALRAUX

un livre écrit par Janine Mossuz-Lavau et Jean-René Bourrel

édition L’ Archipel, 263 pages, illustrations

L’HISTOIRE                                                                                                                                                                      Josette Clotis, décédée en 1944 à l’âge de 34 ans, les jambes broyées par un train dans une gare de Corrèze fut la compagne d’André Malraux et la mère de ses deux fils. Miraculeusement conservés dans une valise, photos, lettres, journaux et textes inédits de cette splendide et talentueuse romancière permettent de brosser un portrait enfin exact dont l’image a trop souvent été salie. Les auteurs de ce livre ont eu à cœur de corriger cette image, à l’aide de témoignages et de nombreux documents inédits qui révèlent une amante passionnée, une mère aimante et une femme de lettres qui n’a jamais cessé de créer. Un demi-siècle après la mort de Malraux, ils brossent le portrait enfin exact d’une héroïne mal-aimée.

l’AVIS                                                                                                                                                                                                 « Je crois que je suis de A à Z indigne de vivre dans l’univers d’André, que rien ne pouvait lui arriver de pire que de tomber sur moi…Tout ce que je suis lui déplait…Je ne lui plais pas »                                                                                    

Ce livre n’est pas un roman-biographique sur la vie de Josette Clotis. C’est un sorte de document universitaire sur un des personnages de la saga Malraux – Janine Mossus-Lavau a fait sa thèse sur lui, a beaucoup écrit sur cet auteur qui la passionne à en être devenue une sorte de groupie !  Les deux auteurs  – Jean-René Bourrel a écrit un livre sur Paris et Malraux – racontent de manière non chronologique la vie  de cette jeune provinciale que les écrivains Henri Pourrat, Henri de Montherlant et d’autres ont aidée dans cette jungle que sont les maisons d’édition. C’est dans les couloirs des éditions Gallimard que Clotis rencontra Malraux. À la lecture intéressante de ce livre, de cette vie, le monde des éditions est fait de rencontres amoureuses. Pour un lecteur lambda on s’y perd un peu pour se souvenir de qui couche avec qui… Suivre les aventures de Malraux ce n’est pas facile, facile. Vilmorin c’est avant, pendant, après Clotis, mais il a eu aussi d’autres femmes et la soi-disant régulière, Clara. André ne baisait plus avec elle, avait des amants, jalouse, elle haïssait cette pauvre Josette et ne voulait pas divorcer (André non plus). Ce couple étrange avait des relations littéraires importantes ce qui faisait criser Josette – crises de jalousie épistolaire !

« Elle porte son nom, elle vit avec lui, son nom est sur son œuvre – sans hésitation, sans réflexion, sans tergiversation. Elle connait ses amis les plus éminents, elle devient leur amie (c’est même pour ça que je ne peux pas les connaître) elle participe à tout…..Personne ne la prend pour un fantôme ; elle est là. » .

D’après les auteurs et les lettres retrouvées, cette grande amoureuse passait son temps à écrire, avec beaucoup de style,  souvent pour se plaindre, s’auto-analyser et souvent pour se rabaisser. Du pur masochisme !

« Je l’aime comme il voudra. S’il veut me prendre comme un rien auprès de lui c’est déjà quelque chose, c’est tout ce que j’espère, pourvu qu’il me garde un peu longtemps. »

Hélas on n’a pas les réponses de Malraux – lui répondait-il ? À la lecture de ce document l’André n’avait pas l’air très sympa et la naissance de ses deux bâtards, nés par accident, l’emmerdait pas mal ! Monsieur n’avait pas la fibre paternelle paraît-il ! Le typique mâle égocentrique de l’époque. L’histoire d’embarquer son  frère pour que son fils adultérin porte le nom de Malraux est assez immonde

« Je ne suis une fille mère louche ; je vivais avec vous tout le monde le sait. Parce que votre femme l’empêchait (on croira facilement que c’était à cause de votre femme que de vous, même si ce n’est pas vrai) mon enfant ne pouvait pas avoir l’état-civil qui lui revenait ; vous avez arrangé la combine avec votre frère, donc vous me reconnaissez, donc vous vous occupez de moi. Personne ne pense que j’ai le moindre rapport avec Kysou »

Kysou c’est le surnom du frère d’André –  Les lettres de Josette – analysées au cours du livre – montrent une amoureuse insatisfaite de ses relations avec André. Le livre surligne surtout un André Malraux peu fréquentable et une jeune femme qui serait sûrement devenue une vraie féministe. Hélas elle avait raté la marche du succès et ça c’est impardonnable pour qui veut faire carrière dans cet univers impitoyable de la littérature. À la fin de l’analyse de la courte vie de cette sympathique personne, les auteurs ont mis des textes de Josette Clotis.  Elle avait vraiment du talent ! Il parait que Clara a éclaté de joie en apprenant la mort de Josette ! Les deux enfants de Clotis / Malraux mourront assez jeune et ne se souviendront pas de leur mère. Ce livre est une tragédie pour en savoir plus sur Malraux bien sûr…Lorsque l’on connait ce qu’a écrit Janine Mossuz-Lavau, on peut comprendre ce qui l’a fasciné dans cette histoire entre Josette et André. Un livre à lire entre les lignes… Ah l’amour toujours l’amour…

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