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« LA DANSE DES RENARDS » :KNOCK OUT ?

un film de Valéry Carnoy avec Samuel Kircher, Fayçal Anaflous, Jef Cuppens,  Anna Heckel,  Jean-Baptiste Durand, Hassane Alili, Salahdine El Garchi

sortie le 18 mars 2026

L’HISTOIRE

Dans un internat sportif, Camille, un jeune boxeur virtuose, est sauvé in extremis d’un accident mortel par son meilleur ami Matteo. Alors que les médecins le pensent guéri, une douleur inexpliquée l’envahit peu à peu, jusqu’à remettre en question ses rêves de grandeur.

L’AVIS

Après deux courts métrages (Ma planète et Titan) à succès, le metteur en scène belge, Valéry Carnoy avec La Danse des renards, son premier long métrage, s’intéresse à la question de la masculinité et du corp chez les adolescents, il raconte le réalisateur: « …cette masculinité fragile, les corps qui n’ont pas forcément la forme désirée, les corps qui ne sont pas forcément ceux qu’on voit au cinéma. Obèses, squelettiques, écorchés, musclés ». Carnoy  a pratiqué le football dans une école de sport-études, un sport où le groupe est énorme, qui fonctionne selon lui difficilement au cinéma. Il a opté pour une discipline qui soude de manière très forte, la boxe : « Je me suis souvenu de mon internat,  les boxeurs formaient un groupe uni, avec un rapport à leur corps et une maîtrise de soi uniques. Il y avait beaucoup de stéréotypes et de fantasmes à leur sujet….La boxe, c’est aussi un sport multiculturel, ce n’est pas réservé principalement aux blancs, c’est très éclectique. J’avais cette volonté, au cinéma, d’avoir un groupe d’acteurs qui représente la diversité. Ce que j’aime avec le sport-études, c’est qu’il camoufle le déterminisme social, chacun suit les règles de l’internat, du sport qu’il pratique, sans pouvoir se mettre en avant sur la plan socio-culturel, c’est particulièrement le cas de la boxe…Pour atteindre un certain réalisme, pour qu’on ait l’impression que ce soit précis, je savais que j’avais besoin de véritables boxeurs ou d’acteurs extrêmement formés…Ça a été le cas pour Samuel (Camille) qui n’avait jamais boxé et s’est entraîné pendant plus de cinq mois, presque cinq fois par semaine avant le tournage. Autour de lui, j’avais besoin d’avoir des garçons qui savaient boxer, pour créer une arène crédible, avec des combats répétés, et chorégraphiés. Avec le chef-op, dès qu’on avait une matière suffisamment concrète, on pouvait se permettre de restituer une esthétique plus documentaire… ». Dans La Danse des renards, il y a cette fameuse blessure qui est le centre du film, une sorte de suspens. Cette blessure provient d’un accident, elle traumatise le personnage et le renvoie à sa fragilité, lui, qui pourtant, durant toute son adolescence, avait fait de son corps une arme. Est-elle réelle ou imaginaire ? Au lieu d’en élucider la cause médicale, Valéry Carnoy a choisi de la représenter comme une forme de traumatisme corporel et social. Il explique : « Je trouvais que la douleur psychosomatique de Camille était intéressante. C’est un sujet actuel, comme le burn-out par exemple, qui en est étroitement lié — chez Camille, c’est son corps qui lui dit « arrête, j’ai mal ». Dans une narration, j’aime qu’il y ait du mystère, il faut que le spectateur se questionne : est-ce qu’il simule ou vit-il réellement sa douleur ? ». Pas besoin d’aimer ou non la boxe, on se retrouve en totale empathie avec ce superbe Samuel Kircher acteur qui irradie sur l’écran, mais tous ces jeunes sont formidables! Alors y’aura-t-il oui ou non un Knock out ?Allez  voir ce magnifique film, bien réalisé et maîtrisé cinématographiquement (beau travail de Arnaud Guez, le chef-opérateur) pour le savoir !

 

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