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Du 4 février au 3 mars 2026, la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé offre une carte blanche aux Archives Nationales du Film de Géorgie et révèle ainsi un chapitre méconnu mais essentiel de l’histoire du septième art : le cinéma muet géorgien. Cette rétrospective exceptionnelle offre un aperçu de la vitalité et de la singularité d’une production qui, dès la fin du XIXème siècle, a fait de la Géorgie l’un des foyers les plus créatifs de la production cinématographique, même sous l’ère soviétique. De nombreux historiens et spécialistes, dont Jean Radvanyi (géographe et géopolitologue, spécialiste du cinéma soviétique et postsoviétique). Il a dirigé l’ouvrage Le Cinéma géorgien,( Éditions du Centre Pompidou, 1992), ainsi que le conservateur des Archives Nationales du Film de Géorgie, Giorgi Kakabadze, présentent de nombreux films au cours de cette carte blanche. Le 16 novembre 1896, quelques mois seulement après les premières projections des frères Lumière boulevard des Capucines à Paris, le cinématographe débarque à Tiflis (aujourd’hui Tbilissi) et ensorcelle le public. Rapidement, plusieurs salles aux noms évocateurs – l’Odéon, le Moulin électrique, le Saturne… – ouvrent leurs portes dans le pays et rencontrent un succès immédiat. À partir de là, le cinéma ne quittera plus la Géorgie qui deviendra l’un des foyers les plus vivants et les plus singuliers de la production cinématographique soviétique. La vingtaine de films présentés dans cette rétrospective parisienne offre un aperçu de cette vitalité. Ils ouvrent également une lucarne sur l’histoire de la Géorgie qui fut et demeure un terrain d’influence des empires voisins. En donnant cette carte blanche, la Fondation Pathé ouvre aujourd’hui ses portes à ce cinéma d’une grande richesse et lui offre une vitrine d’une ampleur inédite.

Le vendredi 13 février 2026 de 14h30 à 19h30, une journée est organisée autour du cinéma muet Géorgien .
14h30 : Marili Svanets (Le Sel de Svanétie, 1930) de Mikhaïl Kalatozov, présenté par Jean Radvanyi 16h – Introduction par Jean Radvanyi : Contextualisation de la Géorgie dans le Caucase Jean Radvanyi
16h30 – Projection de fragments de deux films majeurs, accompagnés par un pianiste improvisateur Akakis Mogzaouroba (Le Voyage d’Akaki Tsereteli en Ratcha-Letchkhoumi) URSS-Géorgie, 1912, 14’ (fragment) Réalisation et photographie : Vassil Amachoukeli Considéré comme le premier long métrage documentaire du cinéma géorgien, dont il ne reste plus qu’un fragment, suivi de Christiné (Christine) URSS-Géorgie, 1916, 25’ (film incomplet) Réalisation et scénario : Alexandre Tsoutsounava, d’après le récit d’Egnaté Ninochvili
17h15 – Table ronde animée par Sofia Babluani et Maia Varsimashvili, Nino Qavtaradze. Giorgi Kakabadze. Babluani est réalisatrice et chercheuse, docteure de l’EHESS, dont la thèse porte sur la figuration de l’absence dans le cinéma. Elle représente la Géorgie auprès du fond Eurimages. Varsimashvili est docteure en littérature comparée de l’Université Paris-Nanterre, diplômée en philologie et ancienne chercheuse à l’Université d’État de Tbilissi, Elle est également autrice et traductrice d’œuvres littéraires géorgiennes en français. Qavtaradze est chercheuse en cinéma et spécialiste des archives filmographiques. Responsable du patrimoine cinématographique au Centre national du cinéma géorgien depuis 2019, elle pilote la préservation, la restauration et la diffusion du cinéma géorgien. Ses recherches doctorales portent sur la place des femmes dans le cinéma géorgien (1920–1950), croisant histoire soviétique, études de genre, propagande et censure. Kakabadze est curateur des Archives audiovisuelles et cinématographiques – Archives nationales de Géorgie. Depuis 2001, il consacre son expertise à la préservation et à la valorisation du patrimoine cinématographique, photographique et sonore géorgien.
19h30 : Tchemi bebia (Ma grand-mère, 1929) de Kote Mikaberidze, présenté par Nino Qavtaradze
pour toutes informations : https://www.fondation-jeromeseydoux-pathe.com










