
323, rue Saint-Martin – 75003 PARIS jusqu’au 17 octobre 2026

« Tourmentée par les vents contraires d’indomptables pensées, je ressens les secousses telluriques de ce monde en pleine mutation. Un petit peuple déterminé siège dans ma tête : visiteurs nocturnes égarés, sombres pensées portant chapeau, zig bicéphale, femme-oiseau, bestiaire intra-cranien dont les êtres hybrides qui le composent attendent d’être libérés. Tout ne tient qu’à un fil : aiguille, ciseaux, je taille, je couds, je pose et superpose, fils, tissus, trame que je troue, geste impulsif, répété, compulsif. Mes mains devancent ma pensée. Créatures sur fond noir, stupéfaites, extirpées de mon crâne, figées à jamais, mariée d’os et de dentelles, porteur de fleur, squelette rieur, quand la couleur dévore l’intention, donne un air de fête, la mort joyeuse sur fond turquoise…fils aiguille, ciseaux, tissus, trame que je troue, je coupe je taille, je superpose, j’assemble. Êtres polymorphes qui occupent tout l’espace, ma nature n’aime pas le vide, l’un sur l’autre, à côté de l’autre, s’imbriquent, se toisent, se chevauchent, dos à dos, face à face, sourires figés, grimaces…., dialogue de sourds dans le vacarme du monde, pas de chance. Nous entrons dans une zone de Turbulences. » Barbara d’Antuono, 2026

« Sans TURBULENCES, pas de vie ! Sans vie, pas de TURBULENCES ! J’aimerais savoir dire le mot TURBULENCE dans toutes les langues du monde et au-delà, même dans les langues disparues, même dans celles qui n’existent pas encore ! Sans TURBULENCES, aucune émotion ne surgit. Les TURBULENCES me font chanter, danser, rire et créer. Alors … Turbule-moi jusqu’à l’éparpillement de mes membres que je puisse me reconstruire. Turbule-moi jusqu’à l’écœurement que je puisse vomir mon atrabile. Turbule-moi jusqu’à l’indignation que je puisse me battre. Turbule-moi jusqu’à me mettre à terre que je puisse me relever avec fierté. Turbule-moi jusqu’au désarroi que je puisse verser de chaudes larmes. Turbule-moi jusqu’à l’étouffement que je puisse respirer enfin l’air pur. Turbule-moi, Turbule-moi, Turbule-moi. Turbule-moi sinon c’est moi qui vais te turbuler. » Catherine Ursin 2026

Bon le décor est posé ! Mais qu’est-ce qu’elles ont donc dans leur tête ces trois femmes pour sortir pareilles œuvres ? Avec Claire Corcia tout est très clair dans ses choix, on sait qu’elle aime les chemins de traverse et c’est pourquoi depuis ses débuts, dans ce lieu excentré, nous la suivons et nous l’apprécions. Barbara on connait son travail, oui travail, car comme elle le dit si bien : Tout ne tient qu’à un fil : aiguille, ciseaux, je taille, je couds, je pose et superpose, fils, tissus, trame que je troue, geste impulsif, répété, compulsif.

Catherine Ursin nous ne la connaissions pas. C’ est une artiste plasticienne aux pratiques multiples (peinture, sculpture, poésie, performance, vidéo, arts textiles, installation). Elle vit entre Paris et ses différents lieux de résidences artistiques (France, Belgique, Sénégal, Angleterre…). Elle est influencée par les mouvements artistiques en marge : les décadents, le punk, les artistes femmes minoritaires dans le monde de l’art, le gutaï, le butō, l’Art Brut… Elle crée dans l’urgence et avec rage.

Oui avec ces trois artistes, nous voyageons dans l’horreur totale et la tragédie comique. Avec ces deux artistes il y a correspondance. Barbara est à la lumière, à l’entrée de la galerie ; Catherine elle, est dans la cave, le lieu sombre des mystères, des créatures hybrides. Une atmosphère obscure enveloppe la Galerie.

Il y a, et c’est ce qui fait l’originalité de cette exposition, au milieu des tuyaux, une installation qu’elles ont concoctée ensemble, faite de poupées étranges, drôles, angoissantes, tristes, fantastiques et fantasques, loin de celles qu’on peut trouver dans les magasins de jouets.

Bien sûr il y a un texte freudien qui cautionne cette œuvre artistique comme s’il fallait lui donner une certification intellectuelle ! Peur que le visiteur se perde en conjoncture ? Et quand bien même ! Á nous de faire notre propre scénario. Lorsque l’on vient chez Claire il faut s’attendre à être surpris, être happé par ses artistes. Á la Galerie Corcia il faut s’attendre à ne rien attendre de ce qu’on s’attend !

C’est toujours un maelström artistique ! Turbulences le mot est bien faible Mesdames, ce n’est ici que bruit et fureur – écoutez ce que produit le lecteur de K7 – Montez le son mes poupées chéries ! ahahahah !

Avec vous Claire, Catherine, Barbara on entend ces douces et lentes Nuits qui nous terrorisent ! Alors vite il ne reste que quelques jours pour vous faire, laisser, emporter par cette impressionnante exposition…ou pas !










