
78 Rue Cardinet 75017 Paris,
mardi 29 septembre 20h

Époustouflant, Stupéfiant, Prodigieux, Surprenant, Extraordinaire, Singulier, Étonnant…On continue…On pourrait mettre ainsi tous les synonymes du vocabulaire pour décrire ce récital qu’a offert Julien Beautemps salle Cortot.

C’était à l’occasion de la sortie de son album Symphonics chez une toute petite compagnie passionnante : Oktav Records. C’est un label superbe français indépendant fondé en 2023, par les artistes Samuel Hengebaert et Ronan Khalil. On y trouve des artistes comme Gabriel Pidoux, Wiliam Shelton, Iris Daverio, Adam Laloum, Éléonore Pancrazi, Lucile Richardot L’Escadron Volant de la Reine Antoine Touche, Clément Geoffroy, L’Ensemble Sarbacanes, Anaïs Bertrand, Alexis Gournel…et Julien Beautemps. Avec sa manière spéciale de présenter les œuvres, Julien a pratiquement joué toutes les compositions du disque et le public enthousiaste qui ne voulait pas le lâcher l’a obligé à improviser comme il sait si bien le faire.

Alors il a commencé son concert avec une œuvre vertigineuse de Viktor Vlasov, Vesnyanka en y ajoutant ses fameux sifflets pour faire intervenir des oiseaux, puis une composition plus romantique de Sergei Rachmaninov, Barcarolle, a suivi un arrangement du premier mouvement de la Symphonien°2 de ce compositeur peu joué et si talentueux qu’est Erwin Schulhoff, puis, enfin, son arrangement prodigieux dont on avait entendu quelques bribes dans les précédents concerts (voir sur le site les articles qui ont été écrits à son propos) sur le Requiem de W.A .Mozart, arrangement d’une émotion rare. La virtuosité de Beautemps on l’a appréciée dans les quatre Toccatas pour accordéon composées par Patrick Busseuil. Œuvres entre classique et Jazz d’une complexité technique hallucinante. Hallucinant on aurait pu le mettre aussi avec les autres synonymes délirants du début de l’article…C’est avec un œuvre plus personnelle, une composition de son cru, un hommage à son grand-père qu’il a terminé son concert, une sonate intitulée Inferno. Terminé pas vraiment, on l’a obligé à faire un bis, alors qu’il était en nage et avait porté les quelques kilos que pèse son instrument pendant plus d’une heure. Oui il fait corps avec cet objet qui souffle, qui respire, qui chante, qui devient piano, orgue, orchestre. Ce soir à Cortot tous les deux, ou simplement une entité nous a une nouvelle fois fascinée, emportée, dans son univers. Il suffit de regarder Julien et toutes les différentes facettes de son visage pour voir qu’il va chercher très très loin et trouver du sens aux musiques qu’il interprète. L’album Symphonics est magnifique, il doit être écouté mais ce n’est qu’une carte postale de ce que donne, dégage, sur scène, en direct, ce grand artiste qu’est Julien Beautemps.










