
Wolfgang Amadeus Mozart : Requiem KV626 (version Robert Levin) – Ave Verum Corpus KV 618 Joseph Gabriel Reinberger : Mimm mich, O Herr, in deine Hut Dagmara Dobrowolska, soprano ; Sandra Paenlinck, alto ; Leander Van Gijsegem, ténor ; Thomas Vandenabeele, basse, Clari Cantus, Clari Cantores, Ataneres Orchestra; Michiel Haspeslagh, direction
ZR’CETERA KTC 1862
Combien de Requiem de Mozart ont été enregistré ! Toutes les grandes voix, les chefs d’orchestre, les orchestres, ont fait leur version. Même le cinéma avec Amadeus, la pièce de Peter Shaffer, a inventé une histoire sur cette dernière composition du génial Mozart avec Salieri ! Ici on se trouve face à une énième version réalisée par de parfaits inconnus ! Et bien elle est très intéressante ! Elle se fonde sur l’édition d’un musicologue américain Robert Levin. Il avait tout d’abord réalisé la fugue de l’Amen (ajoutée après le Lacrimosa). Le chef d’Orchestre Helmut Rilling, grand spécialiste de Mozart fut très impressionné par le travail de Levin et lui demanda de réviser l’intégralité du Requiem. La première eut lieu en 1991, marquant le 200ème anniversaire de la mort de Mozart. Mozart n’acheva que l’Introït et l’essentiel du Kyrie, laissa des esquisses pour les autres passages et Süssmayr, après Eybler, acheva le Requiem pour satisfaire le commanditaire, une supercherie menée par Constance. Il existe plus d’une demi-douzaine de versions, dont les plus connues sont celles de Süssmayr (1792), de Franz Beyer (ca. 1971, chez Peters), Maunder (Carus), Druce (Novello), Arman (Carus), et celle-ci qui s’impose maintenant le plus fréquemment. Ce nouvel enregistrement mérite le détour. On remarquera la modification de toutes les sections à partir du Sanctus, un Osanna également réécrit, sans compter, plus mozartienne. Cette version est une partition débarrassée de ses scories, plus fluide, moins maniériste, moins romantique une orchestration allégée et les textes trouvent ainsi tout leur sens. Cette proposition, paraîtra sacrilège à plus d’un, dérangé dans ses habitudes ! La partition ne se signale pas seulement par l’ajout de la grande fugue de l’Amen aussitôt après le Lacrimosa (dont la fin est modifiée), entraînant la suppression de l’Amen final. L’Osanna est réécrit, comme le Benedictus, l’Agnus Dei, le Lux aeterna et le Cum sanctis ! Le ténor Michiel Haspeslagh, ici en chef, insuffle une belle énergie. Les deux chœurs chantent avec une clarté sans pareil, exit les grandes voix, l’ensemble est plus équilibré, plus léger, on est vraiment dans l’intime. Sacrilège diront certains et oui changer l’écoute c’est toujours difficile, mais bon les baroqueux ont réussi. Ici on est dans la subtilité, est-on plus près des intentions de Mozart ? On ne le sera jamais, mais il ne faut pas pour cela se boucher les oreilles ! Cette proposition nous l’apprécions.










