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« GEORG PHILIP TELEMAN »: ORATORIO DE LA PASSION TVWV 5:4

Barbara Böhi, Soprano – Gläubige Seele / Faithful Soul; Maria Magdalena
Ruth Achermann, Soprano – Maria
Mirjam Blessing, Alto – Andächtige Seele / Devout Soul
Felix Rienth, Tenor – Johannes; Pilatus; Hauptmann / Centurion
Christian Marthaler, Bass – Petrus; Arien
Patrick Oetterli, Bass – Jesus                                                                                                                                       Telemann-Orchester
Telemann-Vokalensemble
Roland Fitzlaff, Conductor

De 1716 à 1767, Georg Philipp Teleman composa une série de passions. On distingue à l’époque, au XVIIIème siècle, dans la musique sacrée, deux grandes catégories de passions : les passions-oratorios et les oratorios de la Passion. Les premières, étaient destinées à la liturgie lors des offices religieux. Elles sont bâties sur l’alternance de récits des Évangiles avec chorals et airs en vers, tandis que les oratorios de la Passion, sont plutôt destinés aux salles de concerts. Ils sont construits autour d’un livret entièrement versifié et très différent du strict texte évangélique, ce sont des sortes opéras sacrés. On connaît cinq oratorios de la Passion de Telemann. Celui proposé par Gallo ( cd 1894/95) date de 1731 ; TVWV 5:4 – Die gekreuzigte Liebe oder Tränen über das Leiden und Sterben unseres Heilandes (L’amour crucifié ou pleurs sur la mort du Sauveur ). Quand on pense aux Passions baroques, l’ombre de Bach plane si fort qu’on en oublie parfois un autre géant de l’époque, plus prolifique encore, mais tombé dans l’oubli : Georg Philipp Telemann (1681–1767). Or, parmi ses tentatives les plus audacieuses de faire entendre l’âme, se trouve TVWV 5:4, Die gekreuzigte Liebe. Le texte est signé par le poète Johann Ulrich König (1688–1744), figure importante du milieu littéraire germanique, proche de la mouvance pietiste et de l’esprit pré-éclairé. Le livret adopte une méditation poétique, presque allégorique, une Passion lue à travers le filtre de la douleur humaine, ici, le Christ devient un être de chair, de sang, de souffrance. Il tremble, saigne, crie, doute; König n’omet rien de l’horreur, de l’angoisse, du pathos de la culpabilité. C’est un psychodrame baroque. Cette passion est moins connue que Brockes Passion et Seliges Erwägen. Elle est même tombée dans l’oubli. Il est pourtant intéressant de la découvrir, elle a des côtés romantiques. Ce n’est pas un oratorio biblique pour l’église mais une méditation spirituelle. Si les grandes Passions de Bach reste des sommets absolus, il serait injuste de laisser dans l’ombre ce que Telemann a ici composé. Il existait qu’un seule version en disque – Biederitzer Kantorei & Weimarer Barockensemble, dirigée par Michael Schöll, en 2003. Avec cette version, aux accents plus modernes que celle de Schöll, un peu séche, scolaire, la direction de Roland Fitzlaff offre avec des voix magnifiques, une œuvre de douleur, avec de la peur, des larmes, pleine d’amour, d’humanité. Un rareté musicale à (re)découvrir.

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