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« PRIMADONNA » :  LA RAGAZZA CHE DISSE DI NO

Un film de Marta Savina avec Claudia Gusmano, Fabrizio Ferracane, Francesco  Colella, Manuela Venture

sortie le 17 janvier 2024

L’HISTOIRE

Sicile, 1965. Lia a grandi dans un village rural. Elle est belle, têtue et sait ce qu’elle veut. Lorenzo, fils d’un patron local, tente de la séduire. Lorsqu’elle le rejette, fou de rage,il décide de la prendre de force. Au lieu d’accepter un mariage forcé, Lia le traîne au tribunal. Cet acte va pulvériser les habitudes sociales de son époque et va ouvrir la voie au combat pour les droits des femmes.

L’AVIS

Coïncidence ? Quelques jours avant la sortie de Primadonna, le cinéma de minuit a programmé le film de Damiano Damiani : La moglie più bella, un film de 1970.  Ce film lança la carrière d’Ornella Muti âgée de 14 ans ! On peut trouver le film de Damiani en DVD. Les deux films sont donc basés sur l’histoire vraie de Franca Viola (et oui cela ne s’invente pas). Cette jeune fille en 1965 est devenue célèbre car, violée, elle a refusé le fameux mariage réparateur, organisé en Sicile, avec l’assentiment de l’église catholique ! Elle a été la première femme italienne à refuser publiquement cette tradition d’épouser son violeur. Elle porta l’affaire devant justice. Viola devint ainsi un symbole du progrès culturel et de l’émancipation des femmes dans l’Italie d’après -guerre. La Stampa avait écrit à l’époque :« pour la première fois non seulement une jeune fille en Sicile préférait être déshonorée plutôt qu’accepter la violence de l’homme, mais surtout un père, au lieu de résoudre la question en épaulant un fusil et en se vengeant avec ses propres mains, a cru dans la force de la loi et dans celle de l’État. ». Franca Viola fut surnommé la ragazza che disse di no ! Par la loi n°442 (5 août 1981), l’article 544 du Codice penale, mettait fin à toute poursuite pénale si l’auteur du viol épousait sa victime, est abrogé. Le viol restait un crime contre la morale publique et non contre la personne jusqu’en 1996.  En comparaison du film très politique de Damiano Damiani, et d’une vraie violence ancrée sur la dénonciation de la société de l’époque, ce remake paraît un brin mièvre, et survole ce drame. Les Rosi, Ferreri, Pasolini, Petri, Bellocchio, eux aussi, osaient être plus virulents dans leur conception du cinéma et prenaient de vrais risques pour leur carrière. Bon ce n’est pas innocent si Primadonna est réalisé aujourd’hui, il a hélas un parfum à la mode. La lutte en faveur des droits des femmes existe depuis bien longtemps, et on n’a aujourd’hui la mémoire courte. Primadonna a quand même des qualités, il est bien réalisé, la photographie est très esthétique, les acteurs sont parfaits et remet quand même au goût du jour, malgré ses faiblesses, ces femmes qui ont pris de vrais risques à une certaine époque, donc il a le mérite d’exister et donc d’être vu !