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« INDÉSENS CALLIOPE RECORDS  » : LADIES FIRST

Voilà un disque à la mode avec un slogan très galvaudé made US. – Ladies First – Indésens Calliope Records IC 108 – Rachel Kolly et Pallavi Mahidhara prennent le train en marche avec talent avec des compositrices qui depuis quelque temps sont pas mal interprétées. Bonis, Schumann, Boulanger, Clarke, Beach, on les entend souvent sur les scènes, dans des bis, ou mises obligatoirement dans des récitals, dans des albums de quatuors, duos, trios ou même en piano solo. Mais qui se souvient aussi d’Elsa Barraine, Odette Gartenlaub, Yvonne Desportes et à contrario des compositeurs mâles tels qu’Alfred Bruneau, Jacques Dupont, Marc Delmas, Henri Chalan, Henri Rabaud, Henri Busser et bien d’autres, tous prix de Rome de la même époque que ces dames. Eux aussi sont tombés dans les oubliettes de l’histoire musicale française. Les interpréter ne coûte rien au niveau droit d’auteur seulement les droits d’édition on suppose. Alors faire un album avec des compositrices est-ce prendre des risques ?  Pas plus que de faire un énième albums de sonates de Mozart, Brahms, Beethoven. Au moins on a le plaisir d’entendre d’autres musiques qu’importe le genre. Oui on doit le dire on a une préférence pour Clara plutôt que pour son mari, oui on apprécie pleinement Lili Boulanger qui sûrement aurait fait une grande carrière et aurait été jouée sur les scènes internationale si elle n’était pas morte si jeune ; Beach, Clark, célèbres musiciennes anglo-saxonnes ont toujours été appréciées dans leur pays respectif. Dans cet album passionnant c’est la découverte d’Amanda Röntgen-Maier et Dora Pejacevic. Amanda Röntgen-Maier (1853-1894) est une violoniste et compositrice suédoise, épouse du compositeur Julius Röntgen. Elle a été la première femme diplômée en direction musicale de l’École Royale supérieure de musique de Stockholm en 1872. Son mariage a mis fin à ses apparitions publiques mais elle a continué à composer, et ce couple a organisé des salons musicaux avec Rubinstein, Joachim et Brahms. C’est la tuberculose qui fait qu’elle a disparu très tôt et qu’elle n’a pas composé énormément. Dra Pejacevic (1885-1923) est la première compositrice homme et femme confondu croate. D’origine noble, elle a fait ses études à l’Institut Croate de Musique à Zagreb. Largement autodidacte ses œuvres furent fréquemment jouées, non seulement en Croatie mais aussi à l’étranger, entre autres à Londres, Dresde, Budapest, Stockholm, Vienne et Munich. Elles étaient jouées par certains des musiciens les plus célèbres de l’époque. Elle décède à 37 ans des suites des complications à la naissance de son fils Théo ! Elle a laissé 58 compositions, œuvres pour orchestre, voix et instruments, musique de chambre et piano. Son langage musical romantique tardif en fait une véritable enfant de l’Art Nouveau dans l’art pictural. Rien que pour ces deux sonates cet album est essentiel ! Mais on ne va pas se restreindre à 40 minutes de musiques ! Les 20 minutes supplémentaires sont aussi passionnantes et magnifiquement interprétées. Un bel album de belles musiques. N’en déplaise à ces interprètes : Music First !

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