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« THÉÂTRE DE LA VILLE » : LIAT COHEN TRIO

2 Place du Châtelet 75004 Paris

Liat Cohen, guitare, direction artistique, Pierre Baillot, oud, luth, flûtes, saxo soprano, Edmundo Carneiro, percussions, Laurent Naouri, baryton

Pendant le concert, l’équipe du Brésil de football était tenue en échec par le Japon, 1 à 1 ! Edmundo Carneiro était sur scène fébrile mais accompagnait avec talent la superbe guitariste Liat Cohen. Nous avions eu la chance d’entendre son trio quelques jours précédents à la galerie Claire Corcia où il était venu répéter au milieu des toiles d’Hélène Duclos une artiste que nous avions apprécié il y a quelques temps sur le site.

Le trio contrairement au concert, et cela est bien naturel, était hyper décontracté devant un public restreint attentif, ravi de ce concert intime.  Souvent à partir d’œuvres de son répertoire il a pas mal improvisé sur les valses d’Antonio Lauro, sur Libertango d’Astor Piazzolla (magnifique impro de Carneiro et de Baillot au saxo et au luth) puis sur une valse d’Alexandre Tansman et pour finir sur le fameux morceau de Zequinha De Adreu Waldir Azevedo Tico Tico Brasilerinho. Une heure de pur bonheur musical.

Le concert au Théâtre était bien sûr plus formaliste mais avec des moments de grandes émotions. Lorsque Liat a interprété le tube des guitaristes de Francisco Tarrega Recuerdos de la Alhambra, il y avait une grande nostalgie dans son jeu, loin de la vélocité que mettent la plupart des guitaristes. Pour elle c’était se souvenir de ce lieu qu’elle avait visité avec sa fille décédée si jeune…En bis elle a joué une jolie et courte mélodie qu’elle aimait offrir à sa fille pour qu’elle s’endorme. De beaux moments on en a eu avec l’adaptation pour guitare d’une suite pour violoncelle de Bach et les deux interventions de Naouri dont Bidon Bidonvile de Nougaro ce succès écrit par Vinicius de Moraes et Baden Powell. Pendant ce temps le Brésil à la toute fin du temps réglementaire marquait un but : 2- 1, le concert était une réussite !

Pour ceux qui sont restés devant la télé – et les autres aussi –  Liat Cohen a enregistré un beau disque (passez-outre la couverture de l’album – Indesens calliope  records IC083) où en solo elle fait chanter sous ses doigts agiles des valses. Voilà un beau voyage d’Europe à l’Amérique du sud, avec des musiques d’hier ( Sor, Tarrega, Ponce,) à celle d’aujourd’hui (Azevedo, Piazzolla, Barrios, Lauro, Tansman, Dyens). Valses dansantes c’est évident mais aussi pleines de nostalgie, de mélancolie et surtout bourrées de poésie, car Liat Cohen est surtout une femme qui aime la poésie. Le trio et Naouri ont terminé le récital en reprenant la chanson de Nougaro avec le public

Les gosses jouent mais le ballon                                                                                                                                                            C’est une boîte de sardines, Bidon….                                                                                                                                              Donne-moi ta main, camarade
Toi qui viens d’un pays
Où les hommes sont beaux
Donne-moi ta main, camarade
J’ai cinq doigts, moi aussi
On peut se croire égaux

Un concert en forme d’espoir donc

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