
1 rue des Fossés Saint-Bernard 75005 Paris jusqu’au 23 août 2026
Il reste quelques jours pour se plonger dans l’histoire de ce premier port maritime international au monde, qui relia de la haute Antiquité la côte libanaise à l’Égypte, la Mésopotamie et le monde égéen, noua des liens uniques avec les pharaons et joua un rôle clé dans l’histoire méditerranéenne et dans la diffusion de l’alphabet phénicien. L’IMA offre à nos regards ébahis 400 pièces d’exception, déployées dans une scénographie spectaculaire. On est immergé dans l’épopée de cette cité parmi les plus anciennes du Liban, classée sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.

Une histoire qui débuta il y a plus de 8900 ans et dont les protagonistes sont des navigateurs et des marchands, des rois et des pharaons. On y découvre aussi les dernières fouilles qui montrent la porte Sud de la ville et une nécropole de l’Âge du bronze parvenue intacte jusqu’à aujourd’hui !. Implantée sur un promontoire surplombant la Méditerranée, à 40 km au nord de l’actuelle Beyrouth, Byblos est le meilleur témoin de l’urbanisation de la région. Le site atteste d’une occupation humaine et d’aménagements ininterrompus depuis les premières installations d’une communauté de pêcheurs, il y a 9000 ans, jusqu’à nos jours. La ville de l’Âge du Bronze est au cœur de l’exposition ; c’est l’un des premiers et plus impressionnants exemples de cité-État dans le monde méditerranéen.

On est ainsi invité à découvrir les Byblos phénicienne, hellénistique, romaine, et enfin le témoignage de ceux qui habitent, aujourd’hui encore, le cœur battant de la ville historique médiévale.

À partir de 3200 av. notre ère, Byblos devient l’un des ports principaux de la Méditerranée grâce à la relation unique qu’elle a notamment nouée avec les pharaons d’Égypte autour du commerce du cèdre – la cité est située au pied de grandes forêts de cèdre – dont le bois est recherché dès la plus haute Antiquité. Vaisselle d’or et d’argent, parures en or incrustées de pierres semi-précieuses, miroirs, armes d’apparat… les trésors découverts dans la nécropole royale et les temples de la cité du début du IIème millénaire av. J.-C. constituent l’un des temps forts de l’exposition.

Beaucoup de ces pièces dénotent une forte influence égyptienne ; certaines proviennent mêmes directement d’Égypte, cadeaux des pharaons Amenemhat III et IV. Les dépôts votifs du Temple aux obélisques ne sont pas moins riches : figurines de faïence, haches fenestrées en or et en argent, poignards d’apparat, bijoux… accompagnent le cortège impressionnant des centaines de figurines humaines en bronze, parfois plaquées d’or.

Le site de Byblos, exploré dès le XIXème siècle, conserve encore de nombreux secrets, dont certains viennent d’être percés à jour : une nécropole de la classe supérieure et des élites de la ville de l’Âge du Bronze Moyen (vers 1800 avant notre ère), restée intégralement intacte – fait rarissime dans la région – et récemment découverte fait l’objet de sections centrales de l’exposition.

Hélas de nombreuses pièces n’ont pu être livrées à temps, la guerre fait son œuvre contre la Culture ! Honte à nous.










