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« MAISON DE LA RADIO ET DE LA MUSIQUE » : L’ONF – CONCERT D’OUVERTURE

 

auditorium de radiofrance

116 Avenue Kennedy , 75016 Paris

vendredi 10 septembre 2012

Olivier Messiaen : Les Offrandes Oubliées

Camille Saint-Saëns : Concerto pour violon et orchestre n°3 en si mineur op.61

Henri Dutilleux : Mystère de l’instant

Maurice Ravel : Daphnis et Chloé, suite n°2

Daniel Lozakovich, violon

Sarah Nemtanu, violon solo

Orchestre National de France

Cristian Mặcelaru, direction

Un concert d’ouverture pour l’ONF avec que de la musique française ! Bravissimo ! L’auditorium était-il à 98% plein pour écouter Messiaen, Dutilleux ? Peut-être pas mais les auditeurs les ont entendus, c’est le principal. Est-ce le Concerto pour violon de Saint-Saëns qui les a attirés ? Il n’a pas la même aura que celui de Tchaïkovski ou Brahms, à moins que cela soit le prodige du violoniste Daniel Lozakovich ? Á la fin du concert c’est un des tubes de Ravel qui a fait exploser l’audimat (voyez le concert en replay sur francemusique.fr) avec la Suite n°2 Daphnis et Chloé. Le public était en délire et encore plus après le bis la Bacchanale de Samson et Dalila. Si ce n’est que Ravel qui a fait faire le plein on ne va pas s’en plaindre car grâce à lui on a pu écouter une des premières œuvres symphoniques d’Olivier Messiaen écrite en 1930.

L’Eucharistie, le denier morceau de cette œuvre a permis de faire entendre les cordes de l’ONF sous la baguette de maestro de manière subtile, on était vraiment dans le sacré. Question cordes on ne pouvait pas mieux rêver que celles de Daniel Lozakovich dans le Concerto de Saint-Saëns.

Avec une attaque pas très élégante, trop appuyée dans la première mesure,  Lozakovich a emmené son violon surtout dans le deuxième mouvement et le final dans des espaces rarement égalés.

Avec son bis, une œuvre de Kreisler, il s’est joué des difficultés techniques. Et il n’a que vingt ans ! Une merveille de violoniste. En deuxième partie Le Mystère de l’Instant de Dutilleux. Ce n’est plus un mystère c’est une œuvre souvent interprétée, Dutilleux est devenu un classique.

Lorsque Raphael Perraud a joué ce passage du Mystère, assez difficile, pour violoncelle presque solo, je n’ai pu m’empêcher de penser au documentaire que nous avions fait ensemble et la réflexion qu’avait faite Dutilleux en entendant ces Trois Strophes par ce violoncelliste (voir l’entretien sur le site que nous avons fait ensemble) : « c’est une des plus belles versions que j’ai entendues ! ».

L’orchestre a enchaîné avec La Suite de Ravel. Avoir mis ces deux compositeurs ensemble était une riche idée sachant la vénération que portait Dutilleux pour Ravel. Lorsque Dutilleux avait pu l’entendre dans sa jeunesse, il n’avait pas osé l’approcher tant il était impressionné. Ce pourquoi il était toujours prêt à recevoir des jeunes compositeurs, musiciens, se souvenant de ce moment. Ce Mystère a été aussi un grand moment de la soirée. L’orchestre au grand complet a enflammé l’auditorium avec Daphnis et Chloé (C’est souvent la n°2 qui est joué en concert ?).

La flûtiste Joséphine Poncelin a fait un succès dans le long solo. Après un triomphe – le mot n’est pas trop fort – l’orchestre nous a entraîné, sans nous prévenir, dans une bacchanale endiablée !

Le public se souviendra longtemps de cette magnifique soirée, qui nous a fait oublier les masques et l’inorganisation pour ce p…de p… pour entrer dans cette maison devenue une sorte de Fort Knox (on m’a demandé trois fois mon p…de p… !). Espérons que pour les prochains concerts qui s’annoncent exceptionnels (voir le programme https://www.maisondelaradio.fr/concerts-de-radio-france-saison-2021), ces désagréments seront réglés.  Vive l’ONF !

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