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« MOOCHIN’ABOUT » : THE NEW WAVE OF BRAZILIAN JAZZ ~ JAZZ BOSSA         

La Bossa Nova dans les années soixante a traversé l’Atlantique pour s’y installer durablement aux USA…L’année charnière fut 1962.

L’album Jazz Samba de Stan Getz et Charlie Byrd passait sur les ondes américaines. En novembre, João Gilberto, Antônio Carlos Jobim, Luiz Bonfá et une petite délégation brésilienne se produisaient au Carnegie Hall. Les maisons de disques, qui avaient passé dix ans à vendre du hard bop, se mirent soudain en quête d’un rythme tout en douceur et d’une composition signée Jobim. Ce qui a suivi relevait en partie de l’effet de mode, mais aussi de musiciens découvrant une nouvelle façon de ménager des espaces de silence au sein de la mesure. Les morceaux présenté ici en numérique sur le site Moochin’About Bandcamp se situent de part et d’autre de ces dates 1962-63.

Johnny Alf – O Que e Amar – Rapaz de Bem

Rapaz de Bem de Johnny Alf (RCA) est le témoignage le plus ancien de cette sélection et, selon certains récits, le père méconnu du genre. O Amor, o Sorriso e a Flor de João Gilberto (Odeon) est le deuxième album de l’artiste, celui qui confirme que Chega de Saudade n’était pas un coup d’essai sans lendemain. Samba de Uma Nota Só , Corcovado, O Pato,  Meditação  : la guitare partage toujours le temps entre rythme et accord, la voix reste presque parlée. Ce disque marque la stabilisation d’une grammaire. En 1962, les musiciens américains n’improvisaient pas sur de simples rumeurs. Ils improvisaient sur ces morceaux, déjà des succès au Brésil,

Antonio Carlos Jobim – Jazz Samba – The Composer of Desafinado Plays

Antônio Carlos Jobim The Composer of Desafinado Plays (Verve) s’installe au piano à New York. Il place la mélodie là où un chanteur reprendrait son souffle. The Girl from Ipanema, Desafinado,  Corcovado, Insensatez  : un répertoire de chansons devenu répertoire de jazz, présenté par l’homme qui les a écrites. Sans ce disque, les albums américains de la même époque ne seraient que des reprises sans véritable ancrage…

Stan Getz, Luiz Bonfá – Saudade Vem Correndo – Jazz Samba Encore!

1963, Luiz Bonfá retrouve Stan Getz sur l’album Jazz Samba Encore! (Verve). Getz avait déjà connu le succès ; Bonfá apporte l’autre guitare indispensable, plus lyrique, plus proche de l’esprit de Black Orpheus. La session est plus chaleureuse et plus brésilienne que celle du premier Jazz Samba. qui était avant tout le projet d’un guitariste de Washington.

Quincy Jones – Soul Bossa Nova – Big Band Bossa Nova

Avec Big Band Bossa Nova (Mercury), Quincy Jones aborde le genre sous l’angle de l’arrangement, une approche qui lui convient parfaitement. Grand orchestre, cuivres éclatants et une pulsation rythmique allégée plutôt qu’imitée. Herbie Mann, avec Brazil, Bossa Nova & Blues (United Artists), est ce flûtiste qui, après avoir exploré les sonorités afro-cubaines et moyen-orientales, ajoute le Brésil à sa carte musicale. Ici, la flûte plane au-dessus d’une section rythmique qui tente de concilier les univers du blues et de la samba. C’est de la musique pour touristes au meilleur sens du terme.

Bob Brookmeyer – Blues Bossa Nova – Trombone Jazz Samba

Bob Brookmeyer crée la surprise avec Trombone Jazz Samba(Verve). Il parvient à faire chanter son instrument en douceur.

Cannonball Adderley – Groovy Samba – Cannonball’s Bossa Nova

Cannonball’s Bossa Nova de Cannonball Adderley (Riverside) est bien la rencontre promise par son titre. Adderley ne s’est pas contenté de greffer des airs brésiliens sur le répertoire habituel de son sextet. Après avoir entendu de jeunes musiciens brésiliens à New York, il a passé trois jours au studio Plaza Sound avec Sérgio Mendes au piano, Durval Ferreira à la guitare, Dom Um Romão à la batterie, Octavio Bailly à la basse et, sur plusieurs titres, Paulo Moura et Pedro Paulo. Les compositions de Jobim et João Donato y côtoient Groovy Samba de Mendes ainsi que des morceaux originaux de Ferreira et Einhorn. Cannonball reste fidèle à lui-même son saxophone alto s’épanouit pleinement mais la section rythmique est authentiquement brésilienne, loin de toute approximation new-yorkaise. De tous les albums conçus par des stars américaines c’est celui qui a su faire appel aux musiciens du cru…

Gene Ammons – Pagan Love Song – Bad! Bossa Nova

Bad! Bossa Nova de Gene Ammons (Prestige) constitue l’autre réponse new-yorkaise : un ténor au son soul, Rudy Van Gelder aux manettes, Hank Jones, Kenny Burrell et Bucky Pizzarelli aux guitares, Oliver Jackson à la batterie et aux bongos. Le titre Ca’ Purange devint le tube incontournable. Ammons ne cherche pas à affiner son timbre pour s’adapter à l’esprit de Rio ; au contraire, il appuie sur le son. Le résultat évoque davantage la chaleur d’un combo avec orgue que la bossa feutrée d’appartement ; c’est ce qui explique son succès.

Coleman Hawkins – I Remember You – Desafinado

Coleman Hawkins, Desafinado (Impulse!) : c’est l’homme le plus âgé de l’assemblée qui prend au sérieux le rythme le plus récent. Hawkins avait soixante-deux ans. Manny Albam a écrit les arrangements ; Barry Galbraith et Howard Collins sont à la guitare ; Tommy Flanagan joue des claves. Au programme : Desafinado, One Note Samba, O Pato, Um Abraço no Bonfá  de João, ainsi qu’une composition originale de Hawkins, Stumpy Bossa Nova. Le son reste celui qui a inventé le saxophone ténor jazz. Ce qui change, c’est l’atmosphère qui l’entoure. Hawkins lui-même, en écoutant une prise, a déclaré que cela ferait remuer les orteils d’un mort…. En 1962-1963, la bossa nova n’était pas seulement un produit d’exportation brésilien ni un simple effet de mode américain. C’était un langage d’échange bidirectionnel en studio. On peut ainsi écouter sur cette plateforme tous ces albums soit 95 morceaux :

Cannonball Adderley : Cannonball’s Bossa Nova
Stan Getz & Luiz Bonfá : Jazz Samba Encore!
Antonio Carlos Jobim : The Composer of Desafinado Plays
Bola Sete : Bossa Nova
João Gilberto : O Amor, o Sorriso e a Flor
Quincy Jones :  Big Band Bossa Nova
Herbie Mann : Brazil, Bossa Nova & Blues                                                                                                                                Bob Brookmeyer :  Trombone Jazz Samba
Gene Ammons :  Bad! Bossa Nova
Johnny Alf : Rapaz de Bem era material
Coleman Hawkins : Desafinado

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