
Forum des Halles, 2 rue du cinéma 75001 Paris du 9 au 10 septembre 2026
On se dirige lentement vers la fin du Festival, repu de tant de films, allez, on continue…

Tokyo Burst de Eiji Uchida. Aiba, un jeune détective tokyoïte venant de la rue et en partageant les méthodes, est contraint de faire équipe avec Cho, un policier coréen tout aussi peu orthodoxe. Pour arrêter un criminel aussi dangereux qu’insaisissable, les deux hommes vont devoir apprendre à jouer la même partition. C’est un buddy movie nippo-coréen sympathique et super drôle ! Ça tatane fort et c est irrévérencieux, par rapport aux règles de vie stricte du Japon, dominée par le respect des aînés, de la hiérarchie et de l’autorité. Les références à la culture japonaise sont bien exploitées et donnent lieu à des situations ou gags hilarants (les host boy !), les combats sont rapides et parfois délirants surtout avec ce personnage déjanté qu’est Aiba (Koshi Mizukami), flic-voyou au grand cœur.

Les Âmes en Peine de Quarxx. Dans un village reculé du XIXème siècle, Zélie tente d’échapper à l’emprise de son père Jacob, un homme brutal qui refuse de la laisser lui échapper. Alors que les premières tours Tesla s’élèvent dans les campagnes et que l’électricité bouleverse le monde, un mal étrange se propage : le Mal Noir. Ceux qui en sont atteints, comme Gabriel, un soldat revenu du front, ne meurent pas mais sombrent dans une agonie interminable. Malédiction divine ou conséquence du progrès ? Tandis que science et religion s’affrontent, Zélie voit dans ce chaos sa dernière chance de fuir Jacob et son propre enfer. Des zombis à la française ? Et oui ! Ce n’est certes pas la première fois, mais ici, c’est Quarxx qui s’y colle ! Le rythme est assez lent mais parvient à s’imposer petit à petit. Avec un sadique terrifiant joué par l’excellent Thierry Frémont la tension psychologique est permanente. Les monstres ne sont pas ceux que l’on croit, comme dans tout bon film de zombis. Zélie Rixhon incarne une jeune fille frêle et opprimée aux premiers abords mais qui amorce une évolution bienvenue et libératrice. Le film est de qualité, avec un casting à la hauteur. Et dire que c’est peut-être le dernier film francophone de Quarxx.

Tristes Tropiques de Park Hoon-Jung. Elevés dans la jungle par le Maître, roi de la forêt tropicale, les membres de l’organisation Tristes Tropiques sont devenus des assassins d’élite. Mais lorsqu’un événement vient bouleverser leur équilibre, la méfiance s’installe en eux et le passé resurgit. L’heure d’une vengeance sanglante a sonné. Des enfants abandonnées, leur innocence contaminée par le mal entraîne des cascades de scènes de combats les plus sanglantes que l’on ait vu sur les écrans. Une scène d’ascenseur est un véritable chef d’œuvre de massacres, mais il y en a tout le long. Avec un scénario alambiqué, on a du mal suivre l’histoire, qui est contre qui ? On s’en fout une peu, seules les sanglantes scènes d’action nous laissent pantois ! On est effondré par tant de violence ahahah ! C’est bien ce que tu attendais, hypocrite ! Rien que pour la scène de fin, on doit voir ce film et sur grand écran ! La pluie tropicale n’efface pas tout !

Bien sûr on a assisté à la compétition courts. On a eu le plaisir de voir un film, Dirty Fuzz, avec des marionnettes de Daniel Chimes, une parodie de films de flic, un beau et amusant travail. Man Eating Pussy de Emily Lawson, c’est l’histoire d’une créature à la tête d’un sexe féminin énorme qui va avaler un vieil homme pour son bonheur! Hallucinant scénario, un film féministe ? Une autre femme, enfin une réalisatrice française Anna Murie s’amuse en animation avec Hurle ! Ça pousse ! sur la question qui taraude un homme pour devenir musclé. Un autre film féministe ? Un court très sympathique. Un autre fiction sur les rapports homme/femme réalisé par Lim Da-Seul, Tongue ; histoire d’une femme qui ne supporte plus la logorrhée de son mec jusqu’à ce qu’elle lui coupe la longue dans un baiser fougueux et se crève les tympan ! Un film féministe ? Tout est question de point vue !

Un film féministe qui n’avait pas à l’époque cette couleur c’était le plaisir de revoir Seule Contre la Mafia de Damiano Damiani qui date de 1970. Sicile, années 1960. Don Antonino, parrain de la mafia locale, est sur le point d’être arrêté. Avant de se rendre, il adoube un jeune homme de vingt-deux ans à l’avenir très prometteur, Vito Iuvara. Seule condition : que celui-ci épouse une jeune fille vertueuse issue d’une famille pauvre. Vito jette son dévolu sur Francesca, âgée de quinze ans. D’abord flattée d’avoir été choisie, la jeune fiancée se sent vite piégée et refuse le mariage. Humilié par ce rejet, Vito décide de se venger… Ce film a été projeté dans la séquence hommage à Ornella Muti. C’était son premier film, elle avait 14 ans. Le film n’a pas pris une ride, il a autant de force et Damiano Damiani sans en faire trop, dénonce ce état de fait qui à l’époque avait fait grand bruit. Et puis il y avait aussi la magnifique partition e Morricone. Dans cet hommage on retrouvé le nanar stellaire de Mike Hodges Flash Gordon avec la fameuse musique de Queen..

Un autre film de cette hommage, Conte de la Folie Ordinaire le scandaleux film de Marco Ferreri, sur l’adaptation semi-autobiographique de Bukowski. Le film date de 1981 et n’a pas perdu de sa force subversive et le couple Muti/Gazzara est magistral. Un film féministe ? L’image était signé Tonino Delli Colli, excusez du peu
Bon il y a encore plein de films à voir alors… que la peur soit avec vous !










