« PASCAL VIGNERON » : Grand Orgue de la Cathédrale de Toul

Le Grand Orgue restauré de la Cathédrale de Toul

Socadisc QM 7083

Jean Sébastien Bach : Toccata et fugue en ré mineur

François Couperin : Messe à l’usage des paroisses

Joseph Haydn : Thème et variations HOB XVII 5

Félix Mendelssohn : Prélude et Fugue en sol majeur Opus 37

Jean Giroud : Toccata Pour L’élévation

                          Piéces pour Orgue

Charles Tournemire : Choral Alléluiatique

Olivier Messiaen : Banquet céleste

Georg Friedrich Haendel : Concerto pour orgue op7

Orchestre de Chambre du Marais.

Pascal Vigneron : orgue et direction

C’est un CD non pas à la gloire de l’orgue mais de celui restauré de la Cathédrale de Toul en Lorraine et de son titulaire Pascal Vigneron.

Instrument majestueux, quatre claviers et 70 jeux, cet orgue néoclassique restauré en 2016 permet de jouer tous les répertoires, de Bach à Messiaen sans oublier les romantiques.

Ce CD chemine avec brio parmi les époques, à la fois pour éprouver les qualités de l’instrument mais aussi pour mettre en valeur les qualités de l’organiste.

Outre le morceau incontournable telle que la Toccata et fugue en ré mineur de Jean Sébastien Bach jouée et rejouée en concert ou dans les films où elle symbolise la majesté et le classicisme de l’œuvre (Vingt mille lieues sous les mers de Richard Fleischer ), le récital exhume des pièces de compositeurs moins connus comme Charles Tournemire ou Eugène Gigout.

François Couperin ouvre l’album avec la Messe à l’usage des paroisses (1690), un des sommets de l’orgue baroque. Pièce liturgique, cette musique aride trouve sa vraie dimension solennelle grâce au jeu de trompette claire et limpide tandis que le cromorne du Benedictus, à la tonalité implorante et pleureuse, juste soutenu par un bourdon, invite à l’élévation de l’esprit.

Jean Sébastien Bach suit et sa magnificence explose avec la Toccata et fugue en ré mineur, où les basses, grâce à une pédale généreuse, se combinent aux différents thèmes joués aux claviers et la fugue avec ses allers et retours incessants fait s’entremêler les sujets et les contre sujets avec la maîtrise absolue du cantor de Leipzig comme s’il ne cessait d’improviser pour monter encore et encore plus haut dans son génie créateur.

Avec Thème et variations HOB XVII 5 de Joseph Haydn, transcription probable d’une de ses nombreuses sonates pour clavier, alternent les flûtes, bourdons et le plein jeu ; œuvre légère elle est interprétée avec sensibilité, comme pour feuilleter le catalogue des jeux légers de l’instrument.

Avec Mendelssohn le romantique, le ton change. Bach n’est pas loin, son influence est omniprésente aussi bien dans le prélude que dans la fugue, mais sans jamais atteindre l’inspiration divine du grand maître.

L’orgue du XXème siècle renaît avec des compositeurs comme Charles Tournemire. Avec son choral Alléluiatique, la musique se fait moins mélodique mais l’amplitude de l’instrument y trouve son compte, le morceau sonne bien sous les voûtes gothiques de la cathédrale. Olivier Messiaen, star de la musique du siècle dernier, nous offre un Banquet céleste, une musique certes céleste mais dont la chair est minimaliste. Œuvre intemporelle, quasiment extatique, sa spiritualité renforcée par l’usage de la voix céleste (un jeu de l’orgue), épouse parfaitement sa fonction liturgique et confirme l’idéal profondément chrétien du compositeur.

Le récital de Pascal Vigneron s’achève par le Concerto pour orgue op7 de Georg Friedrich Haendel. Il dirige l’orchestre du haut de sa tribune et son instrument (particulièrement le positif) dialogue avec l’orchestre en restituant la légèreté qui donne aux concertos de Haendel un charme absolu et en font un des sommets de la musique baroque.

Sans avoir eu la chance d’aller à Toul, et grâce à ce CD, nous avons entendu la qualité de l’acoustique de sa cathédrale et de son orgue fraîchement restauré qui, on l’a entendu, se plie à tous les styles, à toutes les époques, et permet grâce à la diversité de ses jeux de revisiter toutes les facettes de la musique d’orgue.