
78 rue Cardinet 5017 Paris
vendredi 9 mai 2026, 20h

Jean-Baptiste Doulcet, ce magnifique pianiste que nous avions interviewé après son prix du public au Concours Long /Thibaut fait une carrière étonnante, exemplaire et éclectique. On sait, si on le suit sur Facebook, qu’il est un cinéphile averti, un fana du grand écran et aime donner son avis sur les films qui sont à l’affiche. Alors mélanger son amour pour la musique classique et le septième art lui vient tout naturellement sachant qu’il adore improviser. Pour la sortie de son album A Film By il avait offert à la fin du mois de mai un concert et

avait demandé à un de ses amis de l’aider, sous forme d’un entretien sur scène, pour expliquer le pourquoi de ce disque (une très belle pochette avec une petite caméra). Á l’instar entre autres de Moussorgsky face à une exposition de dessins et aquarelles de Viktor Hartmann, Doulcet s’est mis à improviser sur les sensations qu’il a ressenti après avoir vu certains films. Ainsi pendant le concert une suite d’images de longs-métrages projetée sur le mur de la salle, il a improvisé d’une manière très classique. Puis il a parlé d’une dizaine de films qui pour lui sont des chefs d’œuvres et à chaque fois il a fait une improvisation plus ou moins longue sans aucune relation avec les musiques des films. Bon on ne peut pas être totalement d’accord avec ses choix musicaux et cela est normal, (exemple trop de musique pour l’Île Nue de Kaneto Shindō, magnifique film sans dialogue avec une BO extrêmement pure et une mélodie d’une simplicité incroyable, pourquoi à la manière de Schubert pour Mort à Venise (pour remplacer Mahler ?), mettre à la manière de Moussorgski pour Requiem pour un Massacre (film biélorusse), du pseudo Mozart pour le Bonheur de Varda alors que c’est le compositeur choisi par la réalisatrice comme BO…). Les références classiques sont ainsi nombreuses dans ses impros (Schumann, Brahms, …), impros de surcroit magnifiques. Celles pour deux films ont été plus originales et très intéressantes pour LA Confidential le superbe film de Curtis Hanson. La BO est d’un des plus grands compositeurs, Jerry Goldsmith et puis celle pour Lost in Translation avec des accents plus jazzy très Keith Jarrett.

Une jolie surprise, détachée de tout titre précis, avec la violoniste Emilie Callesen qui est venue faire une impro très romantisme comme un hommage à un cinéma fleur bleue. L’album n’a rien à voir avec le récital.

Ce sont des impros incroyables, soi-disant en rapport avec des films qu’il aime et puis il y a des interventions des deux réalisateurs Amalric et Mandico.
C’est disons-le clairement des impros, juste des impros et quelle importance si tels ou tels films lui ont donné l’idée de les créer. C’est de la belle, de la bonne musique, avec des accents classiques, normal c’est sa formation, c’est son fond musical.
C’est le cinéma qu’il magnifie, c’est un acte d’amour qu’il fait avec cet album. Un beau cadeau pour tous les amoureux de cet art ! « J’espère que l’écoute de cet album donnera envie de retrouver le plaisir unique et irremplaçable de la projection et de la salle de cinéma ». Jean-Baptiste Doulcet










