« AUDITORIUN RADIO FRANCE » : Le PHILHAR – SIBELIUS / HAHN – BERLIOZ

Auditorium Radio France

Le 2 mai 2019

Jean Sibelius : Concerto pour violon et orchestre en ré majeur op.47

Hector Berlioz : Symphonie Fantastique op.14 H48

Hilary Hahn, violon

Orchestre Philharmonique de Radio France

Mikko Franck, direction

Dans sa robe rouge (sans commentaire) c’est la superbe, le prodige (à l’âge de quarante ans on en parle encore) Hilary Hahn, en résidence auprès de l’Orchestre Philharmonique de Radio France, couvée du regard par Mikko Franck, s’est lancée avec beaucoup d’énergie dans sa nième interprétation du concerto pour violon de Sibelius. Elle l’a enregistré il y a une dizaine d’année, elle l’a interprété des dizaines de fois et du 4 au 10 mai elle va le jouer chaque soir en Espagne avec le Philhar ! Alors que peut-elle apporter de nouveau ? Quelles émotions peut-elle nous faire partager ? Sa technique est là, fantastique, son énergie est intacte, impressionnante, elle est radieuse, chaleureuse et ses sourires avec Franck sont nombreux et sympathiques. Sibelius était un excellent violoniste et cela se sent dans l’écriture. Pas complètement moderne, pas complètement romantique, pas complètement hors du temps, comment l’aborder. Le premier mouvement plein d’énergie, avec des atmosphères comme en métamorphose perpétuelle, Hahn le prend à bras le corps et l’orchestre joue, joue, ne fait pas que l’accompagner. Franck est dans son monde, il n’est pas Finlandais pour rien ; la musique ne va pas où on l’attend, on n’est pas dans un concerto classique, d’où la difficulté de l’interpréter. Dans le deuxième mouvement tout en douceur mais pas sentimental, elle arrive à caresser les cordes avec force et précision, le chant doit s’élever sans pathos. Pour le troisième mouvement il faut encore de l’énergie, beaucoup d’énergie, des doigtés de fou, les intentions du violoniste virtuose qu’était Sibelius sont bien présentes ! Ce dernier mouvement est connu des violonistes pour sa difficulté technique redoutable ; il est considéré comme l’un des plus grands mouvements de plusieurs concertos jamais écrits pour l’instrument. Concerto foutraque ? Peut-être, il faut le jouer et tenir jusqu’au bout et c’est ce que fait Hilary Hahn ; elle le tient à distance et ne tombe pas dans les pièges de la virtuosité ; il faut une belle intelligence pour le jouer et avec Franck ils étaient ce soir là comme larrons en foire ! Nous on était aux anges !

Est-ce que Berlioz intéresse Mikko Franck, ? C’est la question que l’on peut se poser à l’écoute de sa direction de la Symphonie Fantastique  ! Le premier mouvement est supposé être Rêveries et Passions. On avait l’impression qu’il découvrait la partition, cela partait dans tous les sens, avait-il envie de dire quelques choses, ses rêveries étaient bien timides. Là on est en plein romantisme, on est en face d’un roman musical, une évocation poétique sans pareil et d’une audace formelle audacieuse. Bon il a raté l’introduction, que va-t-il faire avec Un Bal  ? Et bien Mikko n’aime pas valser! Il en fait d’une banalité crasse, on s’ennuie, il ne nous invite pas à tourbillonner, son bal tarde à s’animer ! Encore un ratage ! Alors en bon Finlandais il doit bien aimer la campagne, les espace champêtres ? Le cor anglais de Christelle Chaizy nous conforte, est-ce elle qui le remet sur les rails, et voilà que par bonheur la Scène aux Champs devient émouvante, la symphonie a repris ses droits ! Ensuite La Marche au Supplice, assez angoissante, le Songe d’une Nuit de Sabbat, un peu terrifiant, il n’a plus qu’à dérouler la partition, le Philhar fait le boulot et les fortissimos se mélangent aux applaudissements.

Alors, j’ai passé la journée à écouter les différentes versions de cette symphonie que j’ai chez moi et bien mal m’en a pris. Markevitch, Paray, eux, en les écoutant,  font défiler une succession d’images mentales qui vous clouent sur place! Et oui monsieur Mikko Franck cette symphonie est bien FANTASTIQUE !

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