« AUDITORIUN RADIO FRANCE » : LE PHILHAR – PAHUD – GABEL

Auditorium de Radio France

Mercredi 30 octobre 2019

Orchestre Philharmonique de Radio France

Ji-Yoon Park, violon solo

Fabien Gabel, direction

Claude Debussy : Sonate n°2 pour flûte, alto et harpe, en fa majeur

Emmanuel Pahud, flûte, Christophe Gaugué, alto, Nicolas Tulliez, harpe

                                     Ibéria

Philippe Manoury : Saccades, concerto pour flûte et orchestre

Emmanuel Pahud, Magali Mosnier,flûte

Maurice Ravel : Rhapsodie Espagnol

                                 Alborada del Gracioso

©DR

Que voilà un beau programme avec des chefs-d’œuvres comme les compositions de Ravel, de Debussy dirigés par Fabien Gabel avec élégance et un orchestre toujours heureux de jouer de la musique française. La soirée outre la présence de ce chef d’orchestre qui connaît bien la maison – ex assistant de Kurt Masur à l’ONF – était sous le signe de la flûte, celle magique de Emmanuel Pahud. Ici aussi l’élégance et la précision était de mise avec la Sonate de Debussy. C’est toujours un plaisir de voir, d’écouter, les solistes de l’orchestre : Nicolas Tulliez dont la harpe se promène souvent avec d’autres orchestres, Christophe Gaugué qui avait offert un magnifique Harold en Italie il y a peu avec le Philhar. Dans cette Sonate c’est un vrai duo qui s’installe entre la flûte et l’alto. Chacun doit être à l’écoute de l’autre et c’est bien ce qui s’est passé entre ces deux musiciens. Avant l’entracte, Gabel et Pahud faisaient découvrir au public attentif, en première française, Saccades de Philippe Manoury. Avec le flûtiste suisse ce n’est pas l’orchestre qui a le dernier mot. Mais c’est aussi une intention du compositeur. On commence avec la flûte et on termine avec elle. Manoury c’est un pur et dur produit de l’IRCAM de Boulez, où les concepts rigides étaient la musique officielle ; tout cela à bien vieilli et ce genre de chapelle offre une musique bien académique face à l’éclatement et la diversité de styles qui sont proposés dans le monde et qu’on peut découvrir sur les réseaux sociaux. Ce concerto s’écoute. Entracte ! Mettre face à face la Rhapsodie et Ibéria était assez amusant ; car bien sûr à l’époque on racontait que Ravel s’était inspiré de Debussy, mais son œuvre avait été créée un an avant ! Déjà des querelles de chapelle. La Rhapsodie requière des instruments inhabituels tels que castagnettes, tambours basques, célesta. Le violon de Ji-Yoon Park – instrument prêté par Pahud – les flûtes aussi, se font entendre joliment. Ravel n’avait pas encore écrit d’œuvre orchestrale importante mais déjà on sentait son talent d’orchestrateur. A la création le succès n’a pas été au rendez-vous, mais aujourd’hui cette œuvre a énormément de succès auprès des spectateurs et on a pu s’en rendre compte ce mercredi. Quelle belle puissance, quelle belle énergie ce Philhar sous la baguette de Gabel. Alors pourquoi vouloir faire disparaître vos orchestres de Radio France, dites le nous Madame Veil ?

©DR

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