« AUDITORIUM RADIO FRANCE » :  Les Musiciens se sentent trahis, et avec eux les valeurs du Services Public !

Auditorium de Radio France

Jeudi 31 octobre 2019

Orchestre National de France

Sarah Nemtanu, violon solo

Cornélius Meister, direction

Otto Nicolai : Les Joyeuses Commères de Windsor (ouverture)

Felix Mendelssohn : Concerto pour piano et orchestre n°1 en sol mineur opus 25

Denis Kozhukhin, piano

Anton Bruckner : Symphonie n°3 en ré mineur

Faire plus…avec moins…toujours !

«  Radio France abrite quatre Formations musicales permanentes : l’Orchestre National de France, l’Orchestre Philharmonique, le Chœur de Radio France et la Maîtrise…. Chaque formation a vu son effectif révisé à la baisse….Aujourd’hui alors que les concerts affichent « complet » à plus 90%, que les abonnements connaissent une hausse constante et que les critiques sont élogieuses, la Direction veut à nouveau dépouiller les effectifs des formations musicales…Que restera-t-il à Radio France pour produire du contenu quand on aura tout misé sur le contenant ? Y a-t-il encore une ambition pour la musique à la Maison de la Radio où l’on remet en question le fonctionnement des Formations Musicales tous les 3 ou 4 ans, à chaque changement de Présidence, ou à chaque fois qu’un projet non financé voit le jour ? » Cgt radio france – le 24 octobre 2019

Dont acte…

Soirée germanique, du lourd ! Et oui on fait toujours des complexes face à cette musique prussienne, casque à pointe, division de panzers, marche au pas de l’oie, imposée par Karajan, Jochum et consort dans les concerts en son temps. Lorsque j’entends Bruckner je pense à Frankenstein Junior de Mel Brook où chaque fois que le nom de Frau Blücher est prononcé, on entend des hennissements de chevaux ! Belle musique entre parenthèse de John Morris et Victor Herbert. C’est mon TOC, Anton en avait bien un lui aussi semble-t-il! Il paraît que ses fortisimi expriment le triomphe intérieure d’une âme, celle bien sûr d’Anton, qui surmonte ses doutes et ses angoisses par la foi. Bon l’adagio de cette troisième symphonie est supportable et la neuvième est écoutable car elle est courte et pas finie! Eliahu avec l’ONF en a interprété une version, pour ses 80 ans à la Philharmonie, somptueuse. C’était aussi mon anniversaire (voir son ITV sur le site). Mais je me disperse, comme Bruckner…

Le concert a commencé avec une œuvre d’Otto Nicolai, qui a cofondé l’Orchestre Philharmonique de Vienne en 1842 ; on aurait pu la laisser dans les cartons. Cornélius, déguisé en Franz Liszt, était tout à son affaire. Il l’a dirigée sans partition avec beaucoup de conviction comme aussi la troisième symphonie. Il était sûrement à la création, de l’œuvre, la version 1889, tellement il était investi, s’en était impressionnant. A la même époque on pouvait écouter Moussorgski, Verdi, Bizet ou Offenbach…sans commentaire ! L’ONF l’accompagna fort civilement ; allez forte, fortissimo, faites cracher vos archets sur vos violons ! Hélas l’orgasme n’arrive pas, allez on repart à zéro, on recommence !… A la fin de la prestation, Sarah Nemtanu quand même n’en pouvait plus de plaisir et tapait à rompre son violon pour applaudir le maestro Meister ! Elle oubliait que quand même c’était l’orchestre qui jouait !  

Le moment important de la soirée et c’est ce qui nous a impressionné, était l’interprétation du concerto de Mendelssohn par le « prodige » russe Denis Kozhukhin, au piano. Il n’est pas aussi « marketisé » que ces confrères et c’est bien dommage. Précision, vélocité, contrôle, tout concourait pour que cette œuvre pleine de passion, de romantisme exacerbé, se révèle sous ses doigts. Cornélius était tout à son écoute, il faut dire que la partie orchestrale n’est pas d’une grande originalité. Ce concerto a été écrit en trois jours. On a beau être doué, y’a quand même quelques scories. A part la belle mélodie dans l’andante qu’interprète les altos et les violoncelles, l’orchestre n’est là que pour faire de la figuration. En bis Kozhukhin a interprété une romance sans parole du même Mendelssohn. On est resté sans voix et on espère que l’ONF, lui, se fera entendre dans ses revendications bien justifiées. …et on repart au début du papier…

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