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« HANAMI » : UNE AUSSI LONGUE ABSENCE

un film de Denise Fernandes avec Sanaya Andrade, Dailma Mendes, Alice Da Luz Gomes

sortie le 8 juillet 2026

L’HISTOIRE                                                                                                                                                                             Sur une île volcanique isolée que tout le monde veut quitter, Nana apprend à rester. Sa mère Nia a émigré peu après sa naissance et Nana grandit dans la famille de son père. Lorsqu’elle est prise de fortes fièvres, on l’envoie se faire soigner au pied d’un volcan, où elle découvre un monde suspendu entre rêves et réalité. Des années plus tard, alors que Nana est adolescente, Nia revient et fait face aux conséquences de son long exil.

L’AVIS                                                                                                                                                                                    L’histoire se situe sur l’île de Fogo au Cap-Vert. C’est un environnement constitué de volcans, de désert, de sables noirs. Les conditions de vie sont réduites à l’essentiel. Hanami vit dans une ambiance de douceur, de rêveries, de sourires de femmes qui l’élèvent. Denise Fernandes va à l’essentiel pour raconter cette histoire d’abandon. Peu de dialogue, le décor est noir avec quelques couleurs vives de maisonnettes souvent abandonnées par les pêcheurs partis à la ville.Il y a dans la réalisation une monotonie très orientale. En japonais, Hanami signifie littéralement : regarder les fleurs… Cette coutume très ancienne et pleine de poésie célèbre la floraison des cerisiers ou sakuras, qui ne dure que quelques jours. Les objets dans les cadres sont très présents, la fleur aussi. Il y a une sorte de pudeur dans cet univers. La petite Hanami devient adolescente, mystérieuse, calme, toute de délicatesse. Sanaya Andrade est très touchante dans le rôle de la jeune fille. Ses rêverie, sa solitude sont filmés avec un regard tendre. Puis le retour de la mère. Les deux femmes ont du mal à se regarder, à se parler, se reconnaître. Deux étrangères avec des regards qui n’osent rien se dire; de la pudeur ? Une honte d’une aussi longue absence ? Denise Fernandes parle aussi avec beaucoup de dignité de l’immigration. On retient son souffle. Rester? Partir ? La réponse à la fin du film. Face à la mer, les pieds d’Hamani sont bien plantés dans le sable qui se marque et que la vague va effacer pour laisser qu’une ombre. Une belle métaphore sur la vie avec cette fleur à peine éclose qui va disparaître petit à petit. Hanami est la naissance d’une grande réalisatrice. Elle a été récompensée à Locarno. Voilà un film d’un plaisir passager qui fait du bien.

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