
Forum des Halles, 2 rue du cinéma 75001 Paris
du 3 au 4 septembre 2026
Sueur, sang, sperme, scatologie, surprise, suspense, voilà ce qu’on a pu découvrir ces deux jours au Festival.

Du sang cela ruisselle avec Ikatan Darak du réalisateur indonésien Tata Sidharta pour notre plus grand plaisir, le public applaudissait à tout rompre comme à guignol ! Pour sauver son frère cadet, dont les dettes de jeu ont mis en péril la sécurité de toute sa famille, Mega, ancienne athlète d’arts martiaux, doit combattre les membres de la pègre lancés à ses trousses. Vous êtes blasé des films d’arts martiaux ? Vous pensez que rien ne surpasse The Raid ? Ce petit bijou va vous réenchanter avec des combats généreux d’une chorégraphie sublime et à une vitesse vertigineuse. Mines patibulaires, tueurs sadiques, armes blanches en veux-tu en voilà, découpages en règle de tous les bouts de chair qui dépassent du torse, détournement d’outils de jardinage et de bricolage: la créativité perverse et découpante des indonésiens est inépuisable. Et là les deux filles tatanent aussi bien que les garçons ! Livi Ciananta, enchaîne les bagarres, les danses sanglantes seule ou en groupe, avec ou sans accessoire, dotée d’une détermination sans faille. Rares sont les figures féminines dans ce genre (remémorons un instant avec nostalgie des scènes d’anthologie avec Michelle Yeoh et Cynthia Rothrock). Le réalisme a démissionné en faveur d’un spectacle foisonnant de rixes ultra nerveuses, parsemées d’un second degré qui allège heureusement ce déferlement de violence jubilatoire. On ne peut que souhaiter une très belle carrière en France à ce film! Il explose au box-office en Indonésie !

Dans le genre thriller classique une énième version d’Assaut de Carpenter. Trapped est un film sympathique du chinois Qi Zhang. Dans l’ancienne ville minière de Mangya désormais presque déserte, tandis qu’une tempête de sable s’approche, quarante-trois hors-la-loi impitoyables se sont donné rendez-vous pour rejoindre leur chef Beishan. À la clé, un trésor à récupérer. En organisant la résistance, le policier Xia Ran (White-K) a-t-il une seule chance de gagner face à cette horde de bandits sanguinaires ? C’est un huit clos en plein désert explosif et épique. On l’a apprécié bien qu’un peu longuet et sans vraiment de rebondissement.

Du sang, du sperme, de la scatologie, des surprises c’est avec l’incroyable hallucinant film qu’on en a eu avec Mum I’m Alien Pregnant le premier film du duo néozélandais Thunderlips (Sean Wallace et Jordan Mark Windsor). Mary rencontre un jeune homme doté d’un pénis extraterrestre. Tombant enceinte, elle va devoir faire face à plusieurs monstruosités: sa grossesse, le regard des autres, le milieu médical… et sa mère ! C’est la version longue d’un court de 2024 (passé à Clermont Ferrand cette année) sur un thème original, ce film n’hésite pas à aller dans le trash, la nudité frontale du fameux organe extraterrestre, les liquides séminaux, les délires gores. La trivialité des dialogues interprétés avec une normalité surprenante par des acteurs incroyables et des actrices fabuleuses est une grande idée de mise en scène. Les scènes flirtent complaisamment avec le malaise en explorant les situations gynéco-obstétriciennes délirantes et les relations mère-enfant pas toujours très saines. Mention spéciale pour Mary (Hannah Lynch), adolescente paumée, obsédée par le fameux organe de Boo (Arlo Green), complexé par sa difformité sexuelle. Le discours sous-jacent parle des rapports entre la masculinité et la féminité. La séquence de la tétée du bébé est un grand moment ! Les effets spéciaux sont à l’ancienne, ce qui rajoute un délicieux côté rétro à ce body horror jouissif. Un de nos favoris pour un prix dans ce festival.

Un autre film tordu c’est celui de Caleb Phillips, Imposters. C’est une sorte de scénario à la Lewis Caroll, où un labyrinthe dans une grotte fait changer la situation d’un couple dont l’enfant disparu. Ce thème et variations sur une idée originale et très simple, nous emporte dans un étrange tourbillon vertigineux et tordu interprété par deux acteurs excellents Jessica Rothe et Chalie Barnett. On a beaucoup apprécié cette allégorie sur ce qu’est le couple américain idéal.

Une déception, le film de l’indonésien Edwin, Sleep no more. Maryati, directrice d’une usine de perruque exploite ses employé.es et les pousse à privilégier la productivité et l’avidité plutôt que le sommeil. Putri est convaincue que, à cause de cela, sa mère, qui travaillait dans l’usine, s’est suicidée. Sa sœur Ida, en revanche, croit que leur mère est morte parce qu’elle était possédée… l’idée de possession est très vivante en Indonésie d’où son succès Le film est bancal car c’est un film d’auteur, il critique le système capitaliste, les cadences infernales etc et aussi un film fantastique ave la présence d’une entité qui entraine les employés à ne plus se contrôler et aller jusqu’à se mutiler, se donner la mort. Pour nous spectateurs occidentaux on regarde ce film sans aucune émotion, sans avoir de l’empathie pour un personnage, on reste sur notre faim et l’esprit malsain qui hante les personnages est assez ridicule lorsqu’on le voie. C’est un film un peu tirer par les cheveux…facile…

Bon on aime surtout chez vieillecarne les courts-métrages. Pas de Français à l’horizon ! Josephine Decker ose avec A Stable Marriage (voir le jeu de mot) une histoire de fantasme d’une femme qui se prend pour un cheval et se ballade à poil dans son jardin en attendant que son cow-boy de mari vienne la prendre comme au rodéo. L’actrice américaine joue la jument à la perfection avec une petite queue de cheval très seyante! Un film gonflé. Mancave du réalisateur norvégien Frederick S.Hana parle lui aussi de sexe. Une femme découvre un passage secret dans son frigo et en fait se retrouve dans l’inconscient de son mari…du cul du cul rien que du cul ! Where are you darling ? Un film gonflé ! Dans le genre fantastique I Walk Through the Wall est une histoire étrange et comique, d’une mère de famille qui vit avec deux crétins traverse un mur pour se retrouver chez son voisin Pablo Larcuen ne s’est pas trop foulé pour faire ce court. Un autre court vraiment fantastique et angoissant est celui du hollandais Nico van den Brink, il se nomme Feedback, un groupe enregistre, chaque musicien joue dans des pièces différente et…il se passe quelque chose qui fait qu’ils vont tous mourir § Ce found footage est bien réussi. Les plus drôles étaient dans une séance nommée étranges mutations.

Thaïs Odermatt avec Tapeworm Alexis & The Opera Diva, raconte cette légende urbaine que la Callas pour maigrir, elle faisait 100kg, aurait soi-disant ingurgité un ver solitaire. Ce film d’animation raconté par ce ténia est d’une drôlerie hallucinante. Une autre comédie mais bien plus sanglante, c’est celle de l’irlandais Philip Clyde-Smith A Hand to Hold où le mort ne veut pas lâcher la main de sa veuve, ce qui enclenche des opérations cliniques et chirurgicales des plus curieuses et saignantes. I kiss your hand Madame chantait Bing Crosby, il n’avait pas vu ce court-saignant…Il se serait abstenu ! Dans le domaine de l’animation Jason A.Harrington avec Timekeeper a réalisé un film en stop motion magnifique et émouvant, C’est toujours un grand plaisir.Bon à dans deux jours pour la suite et que le peur soit avec vous !










