
Un magasin au coin d’une rue de banlieue, le long d’une voie de chemin de fer. On y entre, c’est le silence, dans de petits ateliers ça bosse. Bon on sait au premier regard où on se trouve! On est envahi par des tubes en étain et des trompettes rutilantes de toutes sortes. Dans un coin de gros tubas et une floppée de sacoches. Mais ne vous trompez pas, tout est très bien ordonné. Face à nous un panneau avec écrit A.Jaminet – Cuivres à la française ! Et oui il y a ici un barge qui, comme il le dit avec beaucoup d’enthousiasme, sourire aux lèvres : Je veux Redonner du souffle aux cuivres à la Française ! Beau challenge et cela fait 15 ans que cela dure !

On est donc à Bretigny-sur-Orge, la ville natale d’Adrien Jaminet, trompettiste de son état, qui a fait le choix d’installer un de ses ateliers AJ ateliers des cuivres, pour ensuite fonder sa marque A.Jaminet. Il vient d’obtenir le label EPV, Entreprise du Patrimoine Vivant, distinction rare et exigeante décernée par l’État qui reconnaît un savoir‑faire, une fabrication et une excellence Made in France. Cocorico ! Bon ce n’est pas une exception ce prix… : en 2021 Lauréat de la fondation Banque Populaire pour l’artisanat d’art, 2021 Lauréat de la Fondation EY, 2021 Lauréat du Réseau Entreprendre, 2022 Grand Prix, Espoir de l’année, Made in France, 2023 Médaille de l’excellence artisanale Essonne, 2024 Lauréat de le Fondation Rémy Cointreau, 2024 Lauréat de l’exposition du Fabriqué en France, exposition à l’Elysée. En cherchant bien il doit bien y en avoir d’autres. C’est, trompettes à la main, des Jaminet bien sûr, qu’Adrien a pris sur son temps pour faire une leçon de trompette à quelques visiteurs, dont vieillecarne.com. Il est intarissable sur l’histoire de cet instrument avec un rapide historique des gloires passées des cuivres à la française de grande tradition de sonorité, menacés par les Américains, les Japonais com d’hab’… Dès son plus jeune âge il voulait faire de la trompette. C’est lors d’un stage d’observation en classe de troisième qu’Adrien a découvert le métier de luthier. La passion était née ! Il avait 19 ans lorsqu’il a commencé à bricoler ses trompettes, celles de ses copains du conservatoire de la rue de Madrid. À 20 ans, il monte son propre atelier dans le sous-sol de ses parents, à Brétigny-sur-Orge. Le succès est très rapide. Il répare les instruments de grands solistes et développe une activité de vente de pièces détachées. Aujourd’hui, la trompette à palettes dont les notes se réalisent en appuyant sur des touches plutôt que les habituels pistons tend à prendre le pas sur la trompette américaine. C’est pendant le coronavirus qu’il a réfléchi à la notion de made in France et réalisa qu’il n’existait plus de cuivres à la française. Alors il contacta le grand trompettiste Roger Delmotte, toujours vivant, centenaire, ancien soliste de l’Opéra de Paris de 1950 à 1985 pour comprendre, apprendre, les caractéristiques des trompettes françaises du milieu du XXème siècle aujourd’hui disparues, qui dispensaient un son particulier. Cette industrie des cuivres français a été remplacée par des instruments américains au son plus standardisé. Alors Adrien Jaminet se lança le défi de fabriquer une trompette inspirée de ces années 50 pour retrouver ce son qui avait fait le succès de ces cuivres et de devenir ceux du XXIème siècle. C’est ainsi qu’est née la trompette Lucien. Marc Geujon, trompettiste super solo à l’opéra de Paris, a aidé à perfectionner un nouvel instrument la trompette Alfred. Aujourd’hui le pari est gagné avec un grand atelier à Brétigny-sur-Orge et un second à Lyon. « Je souhaite proposer une trompette du XXIème siècle inspirée de la grande tradition de la trompette française du XXème siècle avec un son élégant, riche et intemporel. ». Les trompettistes comme Robin Paillet – Lauréat du concours ARD en septembre 2025 – Brahim Maloof, Jérémy Joussemet, Romain Leleu, Nicola Chatenet, Clément Saunier et bien d’autres…. solistes dans des orchestres de premier plan ou solo avec des carrières internationales, jouent sur les trompettes A.Jaminet.

Chacune est unique avec gravé sur le pavillon le nom de la marque, du concepteur, de l’artiste même. Ce sont une dizaine d’instruments qui sortent chaque mois de l’atelier, ils sont l’équivalent des Ferrari ! Dernièrement l’Orchestre de la Garde Républicaine a fait une commande officielle pour ses trompettistes. À cette occasion, A.Jaminet a conçu un modèle inédit, la trompette Jean‑Georges en hommage à Jean‑Georges Paulus, fondateur en 1848 de la fanfare de cavalerie de la Garde républicaine. Trente instruments ont été commandés. C’est la classe de savoir que les A.Jaminet vont descendre les Champs Elysées les 14 juillet ! Cocorico ! Pour en savoir plus, il existe le site :
https://www.ajaminet.fr et si vous voulez l’entendre, le voir il fait des mini-entretiens avec des trompettistes bien sûr









