
Non il n’a pas plu à l’Orangerie de Bagatelle même si le ciel était orageux.

Pendant deux jours la Fondation Banque Populaire fait son show avec ses nouveaux artistes qu’elle a sélectionnés et dont les programmes sont concoctés, présentés, par le directeur artistique Rodolphe Bruneau-Boulmier.

À 16 h on a eu de belles surprises, de belles découvertes. Tzigane de Ravel qu’on avait entendu l’année précédente avec Marie-Joseph Jude et Vassily Chmykov, ce 16 mai était interprétée par le jeune violoniste Masaki Morishita et la harpiste Alexandra Bidi. L’atmosphère était totalement différente par la couleur qu’apporte la harpe, avec un côté plus exotique, très guitare, avec plus de légèreté que la version originale avec piano.

L’énergie on la trouva avec cette magnifique harpiste dans un des tubes de de Falla , la danse n°1, avec un arrangement pour cet instrument. Alexandra Bidi, une belle découverte.

Une autre surprise c’était le duo piano/violoncelle Gray-Magamedova. L’introduction et polonaise brillante op.3 pour duo de Chopin. Ce n’est pas une composition qu’on entend souvent, c’est une œuvre de jeunesse, la seule qu’il a écrite pour cette formation ; ses polonaises sont pour piano seul. Voilà un son généreux du violoncelliste Johannes Gray qui a 14 ans a débuté à l’Orchestre Symphonique de Chicago! Le concert de 16h a commencé avec ce duo, la danse était donc au rendez-vous.

On passera rapidement sur les danses de Barber qui avez un côté très anecdotique, bien jouées par le duo Julian Trevelyan/ Mathis Cathignol, pour se laissait séduire par les trois caprices écrits par Philippe Schoeller pour le pianiste Théotime Gillot. Ce jeune génération Banque Populaire a demandé à cet ancien, de lui composer une œuvre. Cette création mondiale de cet excellent compositeur a du tragique, du comique, de la folie, de l’humour. Une œuvre très classique dans sa modernité, un paradoxe mais Schoeller n’est pas à une contradiction, extravagance près avec ces balades polyphoniques. Le troisième caprice est digne d’un cartoon. Une danse à la Tex Avery ! Théotime Gillot a apporté tout son talent pour cette aventure pianistique.

Le concert s’est terminé avec accordéon, bandonéon, musiques argentines interprétées avec passion par Luis Perez Magana accompagné par Julian Treveyan, ¡ vamos a bailar querimos amigos! Après quarante minutes de pause, sous un ciel orageux mais qui s’est retenu et ne pas s’effondrer en pluie comme les jours précédents, c’est une carte blanche à la star de la clarinette que la Banque Populaire a offert à un public attentif, alias Pierre Génisson.

Le récital a débuté dans la nostalgie, la mélancolie romantique, pour se terminer dans la joie, l’ivresse musicale. La clarinette c’est la voix et même si elle ne fait pas partie de l’histoire de la fondation Banque Populaire, Génisson a fait une entorse au programme en faisant monter sur la scène la mezzo populaire Adèle Charvet avec dans une romance de Schubert, un Gesang de Brahms et

l’air célèbre de la Clémence de Titus de Mozart où le fameux duo Parto Parto (Je pars, Je pars, mais toi, ma bien-aimée, Fais la paix avec moi) était donc chanté par la clarinette de Génisson et Adèle soutenus par le quatuor Agate.

C’est avec ce quatuor que Génisson a fait chavirer le public en jouant le sublime adagio du quintette avec clarinette op.115 de Brahms. Véritable chant d’amour, le jeu dolce, d’une simplicité élégiaque, d’un lyrisme pathétique de la clarinette comme soliste au milieu des cordes représentait tout le romantisme ténébreux, tragique brahmsien.

Mais la joie a terminé ce récital avec la clarinette de Génisson, le piano de Charles Heisser et la sonate de Poulenc, puis sans reprendre leur souffle c’était un duo avec Gershiwn, Goodman, le jazz clarinette/piano et pour finir avec le quatuor Agate, la clarinette délirante de Génisson et la musique Klezmer !

La fête, le sentiment de liberté, le chaos sonore quoi ! L’orage ne s’est pas déclaré, on espère qu’aujourd’hui, ce dimanche 17 mai 2026 le ciel sera aussi clément ! À très vite donc à Bagatelle









