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« ET’CETERA » : CLAIRES OBSCURES – THE AYRES WE BREATHE

De la lumière, de l’air c’est ce que propose cet éditeur, producteur de musiques avec deux albums que l’on a eu le plaisir de découvrir :  CLAIRES OBSCURES – THE AYRES WE BREATHE. Les artistes d’Et’cetera Records ont tous une vision bien à eux de leur instrument et de la musique qu’ils interprètent. Et’cetera Records se concentre sur un répertoire méconnu. On  y trouve des œuvres de compositeurs oubliés d’il y a plusieurs siècles, des compositeurs contemporains œuvrant dans un registre plus confidentiel, des pièces inédites de compositeurs célèbres de toutes les époques, et parfois même des œuvres jamais publiées. Le catalogue propose également des enregistrements de compositeurs renommés et leurs œuvres les plus connues. Il comprend principalement de la musique de chambre, mais aussi des pièces pour orchestre de chambre ou orchestre symphonique, notamment des œuvres de petite envergure. Certains  musiciens jouent de la musique ancienne, baroque et même romantique sur instruments d’époque. Nombre d’entre eux sont d’excellents chercheurs. Ils sont de véritables passionnés lorsqu’il s’agit de trouver l’instrument idéal pour chaque répertoire, afin de faire revivre la musique et l’époque du compositeur. Et ils sont constamment à l’affût de nouveaux trésors musicaux enfouis dans les bibliothèques et les collections du monde entier.

CLAIRES-OBSCURES  ( ET’CETERA KTC 1870) est un album où le Quatuor Avril – Anouk Lapaire, Hélène Dozot, violons, Maxime De Petter, alto, Alexandre Bughin, violoncelle – est allé rechercher des œuvres de compositrices peu ou pas enregistrés. Ainsi le quatuor de Germaine Tailleferre ( 1892-1983), le N°2 de Florance Price (1887-1953), un poème pour quatuor de Rebecca Clarke ( 1886-1979) et deux extraits de Femmes de Line Adam (1972-). Le Quatuor Avril est un quatuor belgo-suisse qui est assez récent et son ambition est de promouvoir des compositions de femmes. C’est une action sympathique, de nombreux quatuors, trios, duos même solos se sont engouffrés dans cette volonté terriblement à la mode. Le résultat n’est pas souvent probant. Oui il y a des compositrices qui sont oubliées, mais ce qui est le plus désolant c’est que les contemporaines ne sont pas jouées et ce n’est plus un problème de misogynie, les artistes d’aujourd’hui sont très peu mis dans les programmes, le public préfère écouter de la musique de musée ! Ils ne se sent pas en phase avec ces musiques et puis cela coûte cher en droit alors que les oubliées sont libres de droit…

Pour cet album disons que le choix des œuvres est très intéressant et d’une grande variété. Le quatuor de Germaine Tailleferre est de belle facture très début de siècle le XXème. La découverte du quatuor de Florence Price est superbement romantique et sent les rives du Mississipi des années trente. Les deux extraits de Femmes de Line Adam sont charmants, Confiture de prunes est une petite valse adorable. Ce disque est tout à fait agréable, avec un Quatuor Avril magnifique ; on attend quand même qu’il fasse découvrir des compositions plus surprenantes.

On remonte le temps avec l’autre album. Ce sont des danses, des suites, des chansons du XVIIème siècle anglais que font découvrir Hester Groenleer, flûtes, et Mathias Havinga, clavecin. Dans l’album THE AYRES WE BREATHE (ET’CETERA KTC 1828), on entend des œuvres de Dowland, Purcell, Lawes, Adson, Playford, Finger, Locke, et puis une magnifique suite anglaise de Bach.

C’est un disque d’une grande beauté avec deux interprètes magiques – pourquoi avoir mis en retrait le clavecin par rapport aux flûtes ? –  Voilà un disque de musiques baroques comme on les aime. Heureusement que ce répertoire qui avait disparu est de retour avec la mode du répertoire baroque dans les années soixante.

Deux disques pour les amateurs de belles musiques et pour les baroqueux sans se poser des questions de genre…

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