« REVUS & CORRIGÉS »: ABONNEZ-VOUS ! – Et Que Vive le Cinéma!

REVUS & CORRIGÉS : Revue trimestrielle cinématographique née en Juin 2018

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Eugénie Filho: Directrice de publication

Marc Moquin: Rédacteur en chef

Alexis Hyaumet: Responsable éditorial & diffusion

Sylvain Lefort: Responsable de développement

Morgane Flodrops : Création graphique

Clémence Courot : Maquette

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C’est au cours d’une projection à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, 73 Avenue des Gobelins 75013 Paris, que j’ai rencontré ces jeunes gens enthousiastes qui venaient présenter un film 100% parlant de Pierre Granier-Deferre : Paris au Mois d’Août (1965) avec Charles Aznavour et parler de la revue qu’ils avaient lancée : REVUS & CORRIGÊS. Intrigués par ce pari insensé, j’ai voulu en savoir un peu plus. Eugénie Filho, jeune femme dynamique, directrice de la publication, m’a accordé un peu de son temps au Le Paname Art Café – 14 Rue de La Fontaine Au Roi Paris 75011  – en face de son bureau, un célèbre café restaurant où des jeunes s’essayent au Stand Up ; voici, à peu près, ses propos.

Vous me dites que des gens trouvaient que vous aviez du courage pour éditer une revue papier sur le cinéma et en plus sur celui d’hier. Je ne pense pas que c’est du courage mais de la folie !

Je ne sais pas si c’est du courage ou de la folie mais c’est ce que nous voulions faire !

Alors, flash-back, les prémices…

On revient à mai 2017, avec la question que nous nous posions: qu’est-ce qu’on fait avec du cinéma de patrimoine ?!

Vous êtes combien à vous poser ce genre de question ?

Nous étions quatre et nous sommes toujours quatre !

D’où veniez-vous ? Comment vous vous êtes connus?

Avec Marc Moquin je suis en couple depuis pas mal de temps, il est le rédac chef, il a fait l’ESRA, comme Alexis Hyaumet le responsable éditorial.

Et le quatrième ?

Il est plus âgé que nous, c’est Sylvain Lefort, il travaille dans le marketing ; il est responsable du développement au sein de la revue. A l’époque nous étions entre deux boulots, Marc après l’école a fait des stages, puis a monté sa boîte pour réaliser des films institutionnels quant à Alexis il donne des cours de cinéma à des enfants ; moi j’ai fait de la médiation culturelle et du management pour des festivals d’art numérique. Le cinéma n’était pas ma priorité.

Et donc en mai 2017 ?

Nous étions à Cannes, au festival et le CNC avait organisé un colloque sur l’avenir de la presse cinéma. Quelqu’un a posé la question sur l’absence de la presse sur le patrimoine. A la soirée Carlotta en l’honneur de Pierre Rissien pour la restauration de son film Cinq et la Peau, on s’est croisé avec Alexis et Sylvain et avec Marc qui à l’époque était rédacteur sur un site, ils se sont aperçus que lorsque l’on écrivait un article sur du cinéma, loin de l’actualité, il y avait des réactions positives de la part des lecteurs. Et là on s’est posé la question de savoir ce qu’on pourrait faire sur le sujet. Pendant l’été on a réfléchi pour savoir si nous allions faire soit un site, podcasts, vidéo, soit des conférences et finalement nous nous sommes dits, pourquoi pas du papier ? Le papier n’est-ce pas le support le plus pérenne pour ces films qui le sont eux-mêmes ! C’était une manière de rendre hommage à tout un pan du cinéma qui est toujours d’actualité. Depuis près de cinq six ans, le retour au bel objet qu’est papier fonctionne, comme la Septième Obsession, ou Carbone sur la pop culture, alors en septembre 2017 on décide de lancer un site vitrine comme carte de visite et on met du contenu dessus.

Et comment s’appelait-il ?

Revus & Corrigés, et en mai 2018 on avait fini notre crowdfunding que nous avions commencé fin mars.

Des gens vous ont suivis ?

Oui, ils se sont prés abonnés, nous ont soutenus..

Combien avez-vous récolté ?

On voulait 15000 euros on en a eu 21000 ! 200 abonnements ont été pris! Pendant le prêt participatif on finalisait la maquette et en juin 2018 nous sortions le premier numéro !

Juste un an après avoir eu l’idée !

Oui et aujourd’hui on a édité le quatrième numéro

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Comment se répartissent les taches?

Entre les quatre associés c’est bien défini. Alexis s’occupe de la distribution parce qu’on a pas pris de distributeur ; ils sont très gourmands, ils prennent jusqu’à 60% du chiffre d’affaire, Marc est le rédacteur en chef et travaille avec une dizaine de rédacteurs, il y a deux maquettistes, une secrétaire de rédaction. L’idée est d’avoir une équipe jeune qui parle de ces vieux films avec un regard neuf. On ne voulait pas être comme les revus qui ont trente ou plus d’existence, une équipe a une culture mais pas nostalgique. Dans notre premier numéro on a parlé des pionnières du cinéma parce qu’il y avait un superbe coffret qu’avait édité Lobster films. Notre travail est d’avoir un regard différent sur le cinéma de patrimoine

Quand un film est dit du patrimoine ?

Du début 1895 jusqu’à 10 ans. Cette définition évolue, là on est en 2009 ! J’ai 26 ans ce sont des films que j’ai vu en salle ; mon regard a évolué, moi-même j’ai évolué. On a une rubrique « une décennie sous influence » et tous les trimestres on célèbre un film dans l’entrée du patrimoine !

Est-ce que vous parlez des modes d’appréciassions, où certains films, à leur sortie, ont été portés aux nues et qu’aujourd’hui on peut trouver qu’ils ont été surestimés ?

On n’est pas dans le jugement, il y a un critique célèbre qui défendait à l’époque un cinéma qui avait mauvaise presse comme les gialli, les films de Carpenter ; aujourd’hui tout le monde va voir ce cinéma, par contre personne ne va voir un vieux western. Maintenant ce même critique met le cinéma classique en avant ! Il y aura toujours des cycles, c’est cela la mode.

Écrire sur le patrimoine c’est très complexe. Suivez-vous avec les sorties DVD ?

Oui, on a trois chapitres dans la revue pour l’instant, mais cela va évoluer ; l’idée est de partir d’une actualité, qu’elle soit politique, culturelle ; le dernier numéro est sur les cinquante ans de 1969, le deuxième numéro était sur le centenaire de la guerre de 14 et comment elle a marquée tout le cinéma du vingtième siècle et surtout l’après-guerre, il y a un chapitre critique sur les films qui ressortent en salle, ou en édition, ou d’une rétrospective à la cinémathèque ; là il y a eu Mizoguchi, Chaplin, Bava ; et le troisième chapitre est des aller-retour avec des sorties plus contemporaines ou bien on souhaite les dix ans d’un film. La sortie d’un film comme Kursk de Thomas Vinterberg nous a permis de faire l’histoire des films de sous-marin. Avec le chapitre intitulé « traverser », on essaye toujours de trouver un film récent qui permet de parler soit de l’histoire du cinéma, soit de parler des dix ans du film, soit de faire un portrait. Un des grands anniversaires qui va entrer dans le patrimoine c’est Avatar !

Est-ce que vous envisagez de faire des dossiers par thème ? Comme le Western, le cinéma romantique, le film noir…

Pas vraiment, on est plus par sujet ; on a fait « Il était une fois 1969 » parce qu’il y avait la sortie du Tarantino ; c’était les cinquante ans de 69, donc on a parlé de Woodstock, de L’Arrangement, d’On n’achève bien les Chevaux, Easy Rider et La Horde Sauvage ont secoué Hollywood, 1969 est une année charnière qui bouleversa à jamais le cinéma américain !

Allez-vous faire l’érotisme dans le cinéma.. ?

Peut-être un numéro d’été (rires), mais l’idée est de relier le thème à une actualité culturelle.

Combien avez-vous d’abonnés

On est à 450 abonnés.

Et pour être rentable ?

Et bien il faut augmenter le tirage, trouver un distributeur…

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Tout le monde est-il payé ?

Les rédacteurs, la maquettiste, l’imprimeur évidemment tout le monde est payé… sauf nous ! Je recherche de la publicité pour payer l’équipe !

Quels sont vos rapports avec la Fondation Pathé Jérôme Seydoux ?

C’est la première institution qui nous a prise au sérieux, avant même la cinémathèque française. Elles nous ont reçu très tôt ; la fondation est encore un lieu confidentiel où pour les gens aller voir des films muets ce n’est pas dans leur programme. Pour nous au contraire c’est génial, elles nous ont pris notre revue et en janvier dernier elles nous ont proposé un ciné club qui présenterait un film parlant, bien sûr de leur catalogue Pathé. Cela attirerait un public qui ne vient pas forcément voir des films muets ! C’est ce qu’ils avaient essayé de faire avec Les Fauvettes, mais ce n’est pas le quartier idéal pour ce genre de programme ; nous étions hyper enthousiasmes quand les Fauvettes s’est ouvert, mais quand le prix est le même pour aller voir La Grande Vadrouille que pour des films récents, ça ne peut pas marcher! Le cinéma du cinquième comme ceux de la rue Champollion, ont leur public et pas au même prix. Les Gobelins il n’y’a personne ! Donc à la fondation on a pu faire du cinéma non muet, on organise un ciné club chaque mois

Qui choisit le film ?

Selon la liste de films restaurés Pathé, c’est Marc avec l’accord de Madame Seydoux. Lorsqu’on passe un film à la fondation on a envie de le rattacher à une actualité.

Et le prochain ?

Le 22 octobre c’est Les Amants de Vérone d’André Cayatte. Il va avoir un hommage au Festival Lumière à Lyon.

La musique n’est pas encore au patrimoine ?

Marc est un fana de musique, on n’est pas encore là, lorsqu’il parle d’un film, la musique est très présente. Cela va arriver c’est certain.

Est ce que le cinéma est un art vieux?

C’est le plus jeune des beaux arts et il sera toujours jeune pour un public récent. Chaque découverte est une nouveauté. J’ai 26 ans, je suis donc jeune encore et j’ai créé une revue sur des vieux films, mais chaque œuvre que je découvre m’apporte quelque chose de nouveau. Je crois que Godard a dit qu’on ne parle pas de vieille musique en parlant de Mozart par exemple, de vieux livre pour Don Quichotte mais on dira qu’un Griffith c’est un vieux film ! Pourquoi ? On ne dit pas un vieux tableau mais un tableau du XIXème et de sa modernité. Pour le cinéma on pourrait faire pareil, lorsque l’on regarde un film muet, on peut aussi parler de sa modernité.

Revus & Corrigés est le titre de la revue, d’accord il y a un jeu de mots mais quel en est le sens pour la rédaction ?

C’est regarder les films et corriger son regard tout simplement. Voir un film récent ou du patrimoine je ne fais plus la différence. Je regarde simplement un film d’un cinéaste qui me raconte une histoire. Tout est toujours nouveau pour moi. J’ai encore ce sentiment là. Il y a une chose incroyable qui arrive à la revue c’est que le premier numéro est mis dans le rayon histoire !

C’est un sacré challenge de se taper le patrimoine cinématographique, vous serez vieille trop tôt pour continuer à avoir ce regard neuf, alors pour l’instant « bon courage » (rires) !

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pour s’abonner ou pour toutes les infos : https://revusetcorriges.net/

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