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« PHILIPPE BERROD » : REGARDS SUR LA MUSIQUE AMÉRICAINE DU XXÈME SIÉCLE

Voilà un album intéressant avec de nombreuses qualités – indésens calliope records IC 109 – D’abord c’est le nouvel enregistrement d’un clarinettiste remarquable :  Philippe Berrod. Il a obtenu de nombreux prix internationaux, joue à l’Orchestre de Paris, on l’a entendu avec le Sirba Octet, a travaillé avec Boulez, Berio, Messiaen, Bacri…participé à des créations de compositeurs tels que Mantovani, Hersant, Greif…et a déjà enregistré chez Indésens Records.  Ici avec le Quatuor AtMusica – Eichi Chijiiwa, Damien Vergez, violons, Nicolas Peyrat, alto, Delphine Biron, violoncelle – il propose un quintette écrit par Bernard Herrmann (1911-1975) le plus fameux compositeur de musiques pour l’écran. Composé en 1967, ce quintette fut la dernière œuvre de concert d’Herrmann, qu’il aborda avec un état d’esprit positif. Il venait de réaliser un rêve de longue date en enregistrant son opéra Les Hauts de Hurlevent, et bien que sa longue collaboration avec le réalisateur Alfred Hitchcock se soit terminée dans l’amertume, il vivait désormais une collaboration professionnelle prometteuse avec d’autres réalisateurs Truffaut, Scorsese, De Palma..  Herrmann puise son inspiration pour ce quintette dans une œuvre artistique différente pour chacun des trois mouvements. Le premier mouvement Lento est inspiré du poème On Wenlock Edge d’A.E. Houseman (mis en musique sous forme de cycle de mélodies par Vaughan Williams), le deuxième Andante  du roman Riders to the Sea de John Millington Synge (également mis en musique – sous forme d’opéra – par Vaughan Williams), et le troisième Andantino des aquarelles vénitiennes de J.M.W. Turner. Le rôle de la clarinette est important dans cette composition qui a la puissance de la musique de film sans le film. Une superbe interprétation de cette œuvre peut jouer. Bien sûr Leonard Bernstein (1918-1990) fait partie de ces compositeurs du XXème siècle.  Il est plus connu par ses comédies musicales que par ses œuvres symphoniques et de musique de chambre. Cette Sonate pour clarinette et piano est composition de jeunesse. Elle est devenue une composition classique du répertoire pour clarinette et piano – C’est Laurent Wagschal qui est au piano. Avec son côté jazzy elle préfigure les accents de West Side Story, même si on peut entendre des influences de Copland. C’est une magnifique interprétation et les deux musiciens excellents, c’est toujours un grand plaisir d’entendre Laurent Wagschal qu’on apprécie beaucoup sur le site. C’est d’ailleurs une œuvre de Aaron Copland (1900-1990) qui termine l’album : Quiet City. C’est une composition étonnante qui a été écrite pour une pièce d’Irwin Shaw. Elle est écrite pour trompette, saxo alto, piano et clarinette bien sûr ; ici c’est Éric Aubier qui est à la trompette et Nicolas Prost au saxophone et Laurent Wagschal au piano. C’est une pièce très émouvante, le travail à la clarinette et au saxo sont parfaits tandis que la partie de la trompette est d’une grande beauté.

Voilà un disque d’une richesse musicale exemplaire. Un beau travail d’indésens calliope records.

 

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