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« FONDATION JÉRÔME SEYDOUX-PATHÉ» : HOMMAGE À MARCEL L’HERBIER

FONDATION JÉRÔME SEYDOUX-PATHÉ : HOMMAGE À MARCEL L’HERBIER

73 avenue des Gobelins, 75013 Paris

Du 10 au 31 mars 2020

©DR

Figure de proue du cinéma français d’avant-garde des années 1920, Marcel L’Herbier est un pionnier du cinématographe. Cinéaste parfois injustement oublié, il a pourtant signé de nombreux chefs-d’œuvre au même titre que ses grands modèles : Cecil B. DeMille et Erich von Stroheim. Pendant trois semaines, la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé propose en ciné-concert de véritables pépites du septième art.

Érudit avec un goût prononcé pour la littérature, « ce théoricien, esthète et ouvrier du Septième art », comme s’y réfère Jean Dréville, est saisi par la fièvre du cinéma alors qu’il assiste à une projection de Forfaiture (1915) de Cecil B. DeMille. En 1916, il se confronte directement à la matérialité de la pellicule lorsqu’il rejoint la Section Cinématographique de l’Armée où il est en charge de la réalisation d’actualités. Revenu à Paris, L’Herbier se rattache à la première avant-garde cinématographique aux côtés de Louis Delluc, Germaine Dulac, Abel Gance, René Clair et Jean Epstein partageant ce désir d’expérimenter un nouveau langage plastique, poétique et symbolique.

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Repéré par Léon Gaumont, il intègre sa société pour laquelle il tourne plusieurs longs métrages. En 1919, Marcel L’Herbier entreprend la réalisation de Rose-France, un premier essai poétique aux valeurs patriotiques. Avec L’Homme du Large, il développe sa grammaire visuelle en proposant un montage et des cadrages inédits. Mais l’entente se détériore entre le producteur et le cinéaste, lequel revendique une approche artistique du cinéma et milite pour la reconnaissance du statut d’auteur. En 1921, El Dorado, tourné in situ à l’Alhambra de Grenade, cristallise leurs désaccords. Marcel L’Herbier souhaite reproduire visuellement le mal-être de son héroïne et le traduit par un jeu d’images floues, ce qui est perçu comme une défaillance technique par le producteur. L’année suivante, Marcel L’Herbier crée sa propre société de production, Cinégraphic, afin de choisir les projets qui le passionnent tels que l’essai expérimental de son ami et collaborateur Claude Autant-Lara (Faits-divers, 1923).

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Pour son premier film autoproduit, il s’intéresse à l’œuvre de Léon Tolstoï intitulée Résurrection qui n’aboutira jamais en raison de sa santé. En 1924, Marcel L’Herbier s’entoure de membres de l’avant-garde artistique tels que le peintre Fernand Léger, le décorateur Alberto Cavalcanti, l’architecte Robert Mallet-Stevens ou encore le couturier Paul Poiret pour la confection d’une « histoire féérique » mêlant arts décoratifs et futurisme : L’Inhumaine. En 1926, il collabore avec la société de production Albatros pour la transposition de l’œuvre Feu Mathias Pascal de Luigi Pirandello à l’écran. Afin de réaliser cette épopée, le personnage principal est interprété par le charismatique Ivan Mosjoukine et les lieux de prises de vue sont variés. Pour son avant-dernier film muet, il transpose L’Argent d’Émile Zola dans la finance du Paris contemporain en s’installant dans le palais Brongniart. Il y élabore tout un répertoire de méthodes de prises de vue et propose des innovations techniques pour s’adapter à l’intérieur du bâtiment. Le quotidien de ce tournage et l’ensemble de ces inventions sont évoqués dans le moyen métrage de Jean Dréville, présent sur le plateau (Autour de L’Argent, 1928). À l’avènement du cinéma sonore, Marcel L’Herbier poursuit sa carrière en s’inspirant d’ouvrages littéraires tels que Le Bonheur (1934) d’Henri Bernstein avec Gaby Morlay et Charles Boyer. Trois ans plus tard, il orchestre un remake de l’œuvre à l’origine de son exaltation cinématographique, Forfaiture, avec Sessue Hayakawa reprenant son propre rôle.

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Les films projetés :

L’Argent de Marcel L’Herbier, 1928 (3h30)

L’Inhumaine de Marcel L’Herbier, 1924 (2h05)

Résurrection (Rushes) de Marcel L’Herbier, 1923 (13min)

Rose-France de Marcel L’Herbier, 1919 (59min)

Phantasmes (Rushes) de Marcel L’Herbier, 1918 (7min)

Le Carnaval des vérités de Marcel L’Herbier, 1920 (1h27)

Le Vertige de Marcel L’Herbier, 1927 (2h10)
 (Le film est précédé des essais des acteurs Claire Prélia, Emmy Lynn, Kissa Kouprine et Perre Batcheff pour le film Le Vertige. (5min)

Feu Mathias Pascal de Marcel L’Herbier, 1926 (2h50)

L’Homme du large de Marcel L’Herbier, 1920 (1h25

El Dorado de Marcel L’Herbier, 1921 (1h40)

Le Diable au cœur de Marcel L’Herbier, 1928 (2h)

Autour de l’argent de Jean Dréville, 1929 (41min)

Le film est précédé des essais des acteurs pour le film L’Argent de Marcel L’Herbier (1928)

Nuits de prince de Marcel L’Herbier 1929 (1h20)

Le Bercail de Marcel L’Herbier, 1919 (1h10)

Programme « Prométhée… banquier » (50min)

Prométhée… banquier de Marcel L’Herbier, 1921 (15min)

Faits-divers de Claude Autant-Lara, 1923 (20min) Premier court métrage expérimental de Claude Autant-Lara.

Le Cinématographe et « l’espace », 1926 (14min) : Conférence tenue par Marcel L’Herbier

Toutes les projections seront accompagnées par les pianistes issus de la classe d’improvisation de Jean-François Zygel (Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris).

Pour toutes informations concernant les séances : www.fondation-jeromeseydoux-pathe.com

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